Le transfert en nature déplace vos titres d’un teneur de compte à un autre sans les vendre. C’est en général l’établissement d’accueil qui déclenche l’opération, à partir des références de votre compte actuel. Pour un PEA, les frais de transfert sont plafonnés par décret à 15 € par ligne et 150 € au total ; aucun texte plafonnant ceux d’un CTO n’a été trouvé, et les grilles relevées vont de zéro à plus de 250 € pour six lignes. Aucun délai légal n’existe : prévoyez de quelques semaines à deux mois, plus si des titres sont étrangers ou non cotés.
Faut-il transférer ses titres ou les vendre pour repartir ailleurs ?
Quand on change de courtier, deux chemins s’offrent à vous. Le premier consiste à vendre toutes les lignes, virer les espèces, puis racheter chez le nouvel établissement. Le second est le transfert de titres en nature : les mêmes titres, dans les mêmes quantités, sont inscrits au compte du nouvel établissement, sans qu’aucune vente ne soit passée.
La différence se joue sur trois terrains. Sur le plan fiscal, une vente est une cession : elle fait naître une plus-value ou une moins-value, imposée au prélèvement forfaitaire de 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux) comme l’expliquent les pages officielles sur les cessions de valeurs mobilières. Un transfert en nature ne passe aucun ordre de vente : d’après les conventions de compte consultées, l’établissement d’accueil reçoit de l’établissement d’origine le prix et l’année d’acquisition de chaque ligne et les enregistre. Sur le plan du marché, vendre puis racheter vous laisse sans position pendant un ou plusieurs jours : si le cours remonte entre-temps, vous le payez. Sur le plan des coûts enfin, vendre puis racheter fait payer deux fois du courtage (vente et achat), alors que le transfert facture un montant d’une autre nature (voir plus bas).
Il existe pourtant des cas où la vente est préférable : une ligne que le nouvel établissement n’accepte pas, un titre très peu liquide dont les frais de transfert dépassent la valeur, ou une moins-value que vous souhaitez justement réaliser pour l’imputer (voir le guide des moins-values). Le choix se fait ligne par ligne, rien n’oblige à transférer la totalité du compte.
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Qui lance le transfert, et quels documents faut-il fournir ?
Dans la pratique décrite par les conventions de compte et les pages d’aide consultées, c’est l’établissement d’accueil qui initie le transfert. Vous lui indiquez le nom de votre banque ou de votre courtier actuel, le numéro de votre compte-titres, et, pour un transfert partiel, la liste des lignes. Il adresse alors un ordre à l’établissement d’origine. Plusieurs conventions précisent que le client doit en plus informer par écrit son établissement actuel, indiquer le nom de l’établissement d’accueil et les références du compte, et compléter tout document demandé. D’où l’intérêt d’une lettre, que le générateur plus bas rédige pour vous.
Les pièces varient d’un établissement à l’autre, mais on retrouve presque toujours les mêmes éléments :
- un compte-titres déjà ouvert chez l’établissement d’accueil, avec son numéro, et son compte espèces associé (voir l’ouverture d’un CTO en ligne) ;
- un relevé récent du compte d’origine, qui donne la liste des lignes, les codes ISIN et les quantités ;
- le formulaire de transfert de l’établissement d’accueil, signé de tous les titulaires si le compte est joint ou indivis ;
- une pièce d’identité en cours de validité.
Deux situations changent la donne. Un compte joint ou indivis exige la signature de tous les cotitulaires pour toute opération (voir le guide du CTO joint). Un compte nanti ne se transfère pas tant que le créancier n’a pas donné mainlevée : une convention consultée le dit expressément pour le PEA, et la logique du nantissement conduit au même résultat pour un compte-titres (voir le guide du nantissement).
Combien de temps dure un transfert de CTO ?
Aucun texte ne fixe de délai pour un compte-titres ordinaire. Les repères disponibles viennent de l’AMF pour le PEA, où elle indique que le transfert prend moins d’un mois dans la grande majorité des cas, et des conventions de compte, qui parlent en moyenne d’un mois, plus pour les titres non cotés, étrangers ou en cours d’opération sur titres. Une source secondaire (un comparateur de placements) évoque 2 à 8 semaines pour un CTO ; ce chiffre est une observation de presse, pas une garantie.
Ce qui allonge le délai est assez prévisible :
- des titres déposés auprès d’un conservateur étranger, qui impliquent des intermédiaires supplémentaires ;
- un transfert entre un établissement français et un courtier établi dans un autre pays de l’Union, avec des procédures différentes ;
- un dossier incomplet ou une signature manquante, cause la plus fréquente des retards ;
- une opération sur titres (division, fusion, détachement de dividende) pendant la période de transfert.
Côté pratique, un courtier précise qu’on peut encore acheter ou vendre pendant environ une semaine après l’envoi du dossier sans retarder le transfert, puis qu’il vaut mieux s’en abstenir, avec deux à trois jours d’indisponibilité du compte. Lisez la procédure de votre établissement : une ligne vendue en cours de route doit être retirée de la liste, sinon le transfert est bloqué sur cette ligne.
Combien coûte un transfert de CTO, et existe-t-il un plafond légal ?
Pour le PEA et le PEA-PME, un décret fixe des plafonds : l’article D. 221-111-1 du code monétaire et financier limite les frais de transfert à 15 € par ligne de titres (50 € pour les titres non négociés sur une plateforme de négociation) et à 150 € au total, montants qui sont ajustés tous les trois ans selon l’inflation. Pour le CTO, ce texte ne s’applique pas : il vise « le plan ». L’AMF écrit seulement que le transfert d’un compte-titres entraîne généralement des frais. Dans les textes lus, aucun plafond légal de frais de transfert d’un CTO n’a été trouvé ; la recherche n’a pas été exhaustive sur l’ensemble du code, c’est donc une constatation, pas une garantie juridique.
Ce vide se lit dans les tarifs. Dans les 27 fiches de fournisseurs du site relevées au 7 octobre 2026 (quelques-uns ne publient aucun tarif de transfert), on observe, pour la sortie d’un CTO :
| Mode de facturation | Niveaux relevés dans les grilles | Remarque |
|---|---|---|
| Par ligne, titres cotés en France | de 7 € (minimum 65 €) à 25 € par ligne ; 15 € est le niveau le plus fréquent | Les titres non cotés passent souvent à 50 € par ligne |
| Par ligne, titres cotés à l’étranger | de 25 € à plus de 110 € par ligne selon la grille | Frais d’intermédiaire parfois en sus |
| Forfait plus lignes | 100 € ou 169,85 € de forfait, plus 15 € par ligne | Soit près de 260 € pour six lignes dans le cas le plus élevé |
| Forfait seul par compte | 130 € ou 150 € selon le réseau | Indépendant du nombre de lignes |
| Pourcentage du portefeuille | 0,30 % avec un minimum de 122 €, clôture comprise | Pèse sur les gros portefeuilles |
| Plafond contractuel | 150 € par compte chez certains établissements | Ce plafond est une règle commerciale, pas une obligation légale |
| Gratuit ou non publié | zéro pour un transfert vers une agence du même groupe ; zéro ou non publié chez certains courtiers | Les titres étrangers ou les cas particuliers sont parfois facturés à part |
Ces fourchettes viennent des fiches de fournisseurs du site, chacune relevée dans la brochure tarifaire ou la convention en vigueur. Elles ne désignent aucun établissement : les grilles changent, et seule celle de votre établissement fait foi. Un comparatif de presse spécialisée publié en mai 2026, établi avec sa propre méthode, indique un coût moyen de 128,50 € pour transférer 5 000 € répartis sur cinq lignes d’actions cotées dans 114 banques (de 52,93 € à 343 €), contre environ 75 € pour un PEA : cette source n’a pas valeur de statistique officielle.
Exemple chiffré : le même transfert de six lignes, quatre grilles
Prenons un investisseur qui transfère six lignes d’actions cotées en France. Voici ce que donneraient quatre grilles réelles relevées dans les fiches (exemples, sans désigner d’établissement) :
| Grille appliquée | Calcul | Total |
|---|---|---|
| 7 € par ligne, minimum 65 € | 6 × 7 = 42 €, relevé au minimum | 65 € |
| 12,86 € par ligne, minimum 63,51 € | 6 × 12,86 | 77,16 € |
| 15 € par ligne, sans plafond | 6 × 15 | 90 € |
| 169,85 € de forfait plus 15 € par ligne | 169,85 + 6 × 15 | 259,85 € |
L’écart atteint presque un facteur quatre pour un portefeuille identique. Pour un portefeuille de vingt lignes, les grilles à la ligne montent vite : à 15 € par ligne, l’addition passe à 300 € alors qu’un forfait de 150 € resterait stable. Le bon réflexe consiste à demander par écrit le montant exact avant l’exécution, ce que fait la lettre générée plus bas.
Pour replacer ces frais dans le coût global de détention, voir le guide des frais d’un CTO et le simulateur de frais : un abonnement ou un courtage moins cher se compare à un coût de sortie une seule fois payé.
Quels titres ne peuvent pas être transférés ?
La liste exhaustive des titres refusés pour un CTO n’existe dans aucune source officielle lue : elle dépend de l’établissement d’accueil, qui peut refuser certaines catégories de titres. Les conventions et pages d’aide consultées signalent les cas suivants.
- Les fractions d’actions (portions de titre proposées par certains courtiers) ne sont pas transférables : elles sont vendues avant le transfert, ce qui crée une cession imposable.
- Les titres non cotés sont refusés par de nombreux établissements d’accueil, et facturés plus cher à la sortie (50 € par ligne dans plusieurs grilles).
- Les titres matérialisés (certificats papier, rares aujourd’hui) font l’objet d’une restitution spécifique, par virement ou remise.
- Les parts de fonds ou les produits propres à un réseau peuvent n’être pas distribués par le nouvel établissement. Demandez-lui, avant de lancer l’opération, s’il accepte chaque code ISIN concerné ; ce point est une précaution de bon sens, non une règle chiffrée.
- Les titres nantis restent bloqués jusqu’à la mainlevée du créancier.
Pour les titres étrangers, deux précautions : vérifiez que l’établissement d’accueil est bien présent sur la place de cotation concernée, et prenez en compte les frais d’intermédiaire parfois facturés en plus, qui apparaissent dans quelques grilles à côté du tarif par ligne.
Le transfert d’un CTO est-il imposable, et que devient le prix de revient ?
Un transfert en nature ne passe pas d’ordre de vente. Le point à surveiller n’est donc pas l’impôt au moment du transfert, mais la continuité du prix de revient. Le fisc impose en effet le prix moyen pondéré d’acquisition (PMP) ligne par ligne lors d’une cession ultérieure : il faut donc que le nouvel établissement connaisse vos prix d’achat. Les conventions consultées indiquent que l’établissement d’accueil enregistre le prix et l’année d’acquisition communiqués par l’établissement d’origine. Cette transmission est une obligation contractuelle entre établissements, pas un droit absolu : c’est pourquoi la lettre type en fait une demande explicite.
Quatre précautions pratiques en découlent. Conservez les relevés et avis d’opéré de votre ancien compte, car ils servent de preuve en cas d’écart. Comparez, une fois le transfert terminé, le prix de revient affiché par le nouvel établissement à votre dernier relevé. Signalez immédiatement une ligne dont le prix manque ou paraît incohérent. Enfin, n’attendez pas la déclaration de revenus pour vérifier : une erreur de prix de revient se corrige plus simplement quand les deux établissements ont encore le dossier ouvert.
La déclaration de l’année du transfert reste normale. L’établissement qui vous quitte établit l’imprimé fiscal unique (IFU) pour les opérations et revenus de l’année passés chez lui ; celui qui vous accueille fait de même pour la suite. Les plus-values de l’année se déclarent en case 3VG, les moins-values en case 3VH (voir comment déclarer son CTO). Si vous changez pour un courtier établi à l’étranger, ou si vous clôturez un compte étranger, la déclaration du compte (formulaire 3916) s’ajoute : service-public.gouv.fr précise qu’il faut déclarer les comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger, avec 1 500 € d’amende par compte non déclaré (voir la clôture d’un compte-titres).
Comment se passe un transfert, étape par étape ?
- Choisissez l’établissement d’accueil en comparant frais courants, marchés accessibles et protection des avoirs (voir choisir son CTO), puis ouvrez le compte-titres d’accueil.
- Dressez l’état des lieux : relevé de portefeuille, codes ISIN, quantités, prix de revient, ordres en attente, titres nantis ou bloqués.
- Demandez le coût à l’établissement d’origine, par écrit, et vérifiez si l’établissement d’accueil rembourse tout ou partie des frais.
- Déposez la demande chez l’établissement d’accueil, puis envoyez la lettre de demande à l’établissement d’origine (générateur ci-dessous).
- Figez le compte : ne vendez pas les lignes en cours de transfert et annulez les ordres ouverts, sauf indication contraire de votre établissement.
- Contrôlez à l’arrivée : quantités, codes ISIN, prix de revient, espèces. Gardez la trace des dates de réception.
- Clôturez l’ancien compte si vous ne l’utilisez plus, après vérification que plus rien n’y figure (voir le guide de clôture).
Une convention consultée précise que la résiliation du compte-titres d’origine entraîne la clôture de ce compte : le transfert complet vaut donc généralement clôture, ce qui ne dispense pas de vérifier qu’aucune somme ne reste due ni qu’aucun titre résiduel ne subsiste.
Générateur de lettre de demande de transfert
Renseignez les champs ci-dessous : la lettre se met à jour au fur et à mesure, sans que rien ne soit envoyé ni enregistré, tout se passe dans votre navigateur. Les informations manquantes apparaissent entre crochets. Les mentions de la lettre reprennent les demandes évoquées dans ce guide : frais communiqués avant exécution, transmission du prix de revient, sort des titres non transférables, espèces, clôture et IFU.
Lettre de demande de transfert de compte-titres
Brouillon à relire, à adapter si votre établissement impose son propre formulaire, puis à signer.
Modèle indicatif sans valeur juridique propre : il ne remplace ni le formulaire de votre établissement, ni un conseil personnalisé. Les données saisies ne quittent pas votre navigateur.
Cette lettre complète la demande déposée chez l’établissement d’accueil, elle ne la remplace pas. Si votre établissement actuel impose un formulaire, joignez-la quand même : elle fixe par écrit le principe du transfert en nature, la demande de coût et la transmission du prix de revient.
Quelles sont les erreurs fréquentes lors d’un transfert de CTO ?
- Vendre pour « faire simple ». Une vente suivie d’un rachat déclenche une plus-value imposable à 31,4 % et deux séries de frais de courtage, là où un transfert en nature n’en déclenche aucune.
- Supposer un plafond légal. Le plafond de 150 € vaut pour le PEA. Sur un CTO, l’addition peut être bien supérieure : demandez le montant avant de signer.
- Oublier le prix de revient. Si une ligne arrive sans date ni prix d’achat, la plus-value future sera mal calculée ; faites corriger l’écart tout de suite.
- Laisser des ordres ouverts. Une ligne vendue ou modifiée pendant le transfert bloque l’opération sur cette ligne.
- Négliger le solde espèces. Le compte espèces associé suit ses propres règles ; demandez par écrit ce qu’il devient, notamment s’il se clôt avec le compte-titres.
- Clôturer trop tôt. Fermez l’ancien compte seulement après contrôle de l’arrivée de chaque ligne et de la dernière opération sur titres (dividende, regroupement).
- Oublier la déclaration du compte étranger. Un courtier établi hors de France se déclare chaque année (formulaire 3916), y compris l’année où le compte est clos.
- Ignorer un nantissement. Un compte nanti ne se transfère pas sans mainlevée : prévoyez ce délai en amont (voir le guide du nantissement).
Sources officielles
- AMF : le compte-titres ordinaire (clôture, transfert, mineurs)
- Légifrance : article D. 221-111-1 du code monétaire et financier (frais de transfert du PEA)
- impots.gouv.fr : les cessions mobilières
- service-public.gouv.fr : plus-values de cession de valeurs mobilières
- service-public.gouv.fr : comptes ouverts à l’étranger (formulaire 3916)