- Votre établissement français établit l’IFU : vous y lisez dividendes, intérêts, cessions et prélèvements déjà payés, à reporter dans la 2042 (2DC, 2TR, 2CK) et la 2042 C (3VG, 3VH).
- Un courtier établi hors de France n’émet en général pas d’IFU utilisable : plus-values (2074), revenus étrangers (2047) et compte (3916-bis, case 8UU) sont à votre charge.
- Oublier un compte à l’étranger coûte 1 500 € par compte, 10 000 € si l’État n’a pas de convention d’assistance administrative, et 80 % de majoration sur les rappels.
- L’option barème se règle par la case 2OP, précochée si vous l’avez cochée l’an dernier.
- Dates de la campagne 2026 (revenus 2025) : papier le 19 mai, en ligne du 21 mai au 4 juin selon le département. Celles de 2027 ne sont pas publiées.
Qu’est-ce que l’IFU et que contient-il ?
L’imprimé fiscal unique est le document de synthèse que l’établissement payeur doit établir pour récapituler les revenus de capitaux mobiliers versés et les opérations sur valeurs mobilières réalisées dans l’année. Service-public.gouv.fr le décrit comme une déclaration récapitulative à souscrire par l’établissement. Le formulaire est le Cerfa 11428 (2561), avec des feuillets 2561 bis et 2561 ter ; le 2561 ter est le justificatif qui vous est remis.
Concrètement, l’IFU de votre compte-titres liste les dividendes et coupons encaissés, les cessions de titres avec leur prix, souvent les plus-values ou moins-values calculées, et les prélèvements déjà retenus (acompte de 12,8 %, prélèvements sociaux). L’administration reçoit la même information : en reportant fidèlement ses montants, vous évitez l’écart qui déclenche une demande de justification.
Deux limites à garder en tête. D’abord, l’IFU n’est établi par l’établissement que s’il est situé en France ; la brochure pratique de l’administration parle du justificatif que vous a adressé « l’établissement payeur [...] s’il est établi en France ». Ensuite, la date limite d’envoi n’est pas précisée par les pages officielles que j’ai consultées : en pratique, ces documents arrivent avant l’ouverture de la déclaration, mais leur date varie d’un établissement à l’autre. Cherchez-les dans votre espace client, rubrique « documents fiscaux », plutôt que d’attendre un courrier. Si vous avez clôturé un compte dans l’année, pensez à récupérer aussi le document de l’année de clôture (voir clôturer un compte-titres).
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Quels formulaires utiliser pour un compte-titres ordinaire ?
La déclaration de revenus principale est la 2042 (la 2042 K est sa version papier préremplie). Les plus-values se déclarent sur la 2042 C, qui est la déclaration complémentaire. La 2074 sert à calculer les plus-values et moins-values, avec ses fiches 2074-CMV (compensation des plus et moins-values) et 2074-ABT (abattements). Voici le rôle de chaque formulaire.
| Formulaire | Sert à | Quand l’utiliser |
|---|---|---|
| 2042 | Déclaration principale : dividendes, intérêts, option barème, prélèvement déjà versé | Toujours, en ligne ou sur papier |
| 2042 C | Plus-values, moins-value de l’année, revenus de source étrangère (8PL, 8VL), comptes à l’étranger (8UU) | Dès que vous avez vendu des titres ou un compte à l’étranger |
| 2074 | Calcul des plus-values et moins-values de cession de valeurs mobilières | Dans les cas listés par l’administration (voir plus bas) |
| 2047 | Revenus de source étrangère ou encaissés à l’étranger | Dividendes ou intérêts étrangers |
| 2778-DIV et 2778 | Déclaration et paiement du prélèvement forfaitaire sur dividendes et intérêts | Quand l’établissement payeur est à l’étranger |
| 3916 / 3916-bis | Déclaration d’un compte ou d’un contrat ouvert à l’étranger | Un par compte, avec la case 8UU |
La déclaration en ligne est obligatoire pour tous les foyers disposant d’un accès internet. Dans la campagne 2026, l’annexe 3916-bis est intégrée à la déclaration en ligne principale, dans la rubrique consacrée aux comptes, contrats et placements à l’étranger.
Dans quelles cases reporter dividendes, intérêts et plus-values ?
Les cases ci-dessous sont celles de la campagne 2026 (revenus 2025) relevées dans la brochure pratique de l’impôt sur le revenu. Les numéros peuvent évoluer d’une campagne à l’autre : vérifiez toujours l’intitulé affiché par la déclaration en ligne.
| Case | Ce que vous y inscrivez |
|---|---|
| 2DC | Dividendes (revenus des actions et parts), montant brut ; l’abattement de 40 % ne joue qu’avec l’option barème |
| 2TS | Autres revenus distribués, sans l’abattement de 40 % |
| 2TR | Intérêts et autres produits de placement à revenu fixe (coupons) |
| 2CK | Prélèvement forfaitaire non libératoire déjà versé (crédit d’impôt, restituable s’il excède l’impôt) |
| 2CA | Frais et charges déductibles, si option barème (frais de garde des titres notamment) |
| 2OP | Option pour l’imposition au barème progressif |
| 3VG | Plus-values de cession de valeurs mobilières, avant abattement (2042 C) |
| 3VH | Moins-value de l’année non imputée, à reporter |
| 3VT | Gain de retrait ou rachat d’un PEA avant cinq ans (hors CTO) |
| 2AB | Crédit d’impôt sur valeurs étrangères, quand l’établissement payeur est en France |
| 8UU | Comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger |
La logique est simple : les revenus encaissés (dividendes, intérêts) vont dans la 2042, les gains réalisés par vente dans la 2042 C. Les montants se saisissent bruts, avant tout prélèvement, sauf la case 2CK qui reprend ce qui a déjà été prélevé. Cochez enfin ou non la case 2OP : elle est précochée si vous l’avez cochée l’année précédente, et en la laissant en l’état vous confirmez l’option.
Le formulaire 2074 est-il obligatoire ?
Le formulaire 2074 détaille le calcul de chaque plus-value ou moins-value : date et prix de cession, prix d’acquisition, frais. Il n’est pas obligatoire pour tout le monde. L’administration en liste les cas d’obligation dans sa brochure pratique ; elle permet en revanche de reporter directement les montants en 3VG ou 3VH sans le remplir lorsque l’établissement financier a calculé les plus et moins-values et que vous n’avez réalisé qu’un seul type d’opération, comme des cessions de valeurs mobilières ou la clôture d’un PEA. La fiche 2074-CMV permet de compenser plus-values et moins-values brutes calculées par les établissements.
Vous avez en pratique deux cas de figure. Si votre compte est tenu par un établissement français dont l’IFU indique le résultat de chaque cession et que vous n’avez que des cessions de titres cotés, vous reportez les totaux. Si votre courtier est étranger, si vous avez plusieurs comptes aux calculs différents, ou si vous voulez contrôler le résultat, c’est vous qui calculez, et la 2074 est l’outil.
Comment calculer le prix de revient ?
Pour une même valeur achetée à des prix différents, le prix d’acquisition à retenir est le prix moyen pondéré d’acquisition, méthode que le Bulletin officiel des finances publiques impose au contribuable. Le calcul se fait par ligne, pas dans l’ordre chronologique des achats : on ne vend pas « les plus anciens en premier ». Les courtages et commissions supportés à l’achat s’ajoutent au prix d’acquisition, et ceux de la vente se retranchent du prix de cession. Exemple du bulletin : 400 actions acquises à des prix divers donnent un prix moyen de 103 € ; la vente de 150 actions à 110 € dégage 150 × (110 − 103) = 1 050 € de plus-value.
Les droits de garde et frais de tenue de compte ne s’ajoutent pas au prix de revient : ils ne sont déductibles qu’avec l’option barème, et seulement du revenu des capitaux mobiliers. Pour un courtier étranger, convertissez en euros chaque opération et gardez le taux utilisé et sa source.
Que mettre dans la case 3VG et dans la case 3VH ?
La case 3VG de la 2042 C reçoit le total des plus-values de cession de valeurs mobilières de l’année, avant tout abattement pour durée de détention. Cette règle d’abattement ne concerne que des titres acquis avant le 1er janvier 2018, uniquement avec l’option barème, et n’a donc aucun effet pour un compte ouvert récemment. Les profits sur instruments financiers à terme se déclarent aussi à la ligne 3VG.
La case 3VH accueille la moins-value de l’année, après compensation avec les plus-values de la même année. Quand vous avez à la fois des gains et des pertes dans l’année, vous n’inscrivez qu’un seul des deux montants : le net. Si le net est une perte, c’est elle qui se reporte sur les dix années suivantes. N’y cumulez pas les moins-values des années antérieures : elles se renseignent sur la 2074 ou sur la fiche 2074-CMV. Une perte de 2015 reste imputable sur les gains de 2025.
Imputez toujours dans cet ordre : moins-values de l’année, puis moins-values reportables, les plus anciennes d’abord, dans la limite des plus-values. Le mécanisme complet est détaillé dans le guide sur les moins-values, et le taux applicable au total net dans le guide fiscalité du CTO.
Exemple chiffré : remplir sa déclaration avec un IFU français
Prenons un investisseur fictif, résident fiscal français, qui détient un seul compte-titres chez un établissement français. Les chiffres ci-dessous sont un exemple pédagogique, pas un cas réel, et supposent une année où le taux de prélèvements sociaux de 18,6 % s’applique.
| Donnée de l’IFU (exemple) | Montant | Où la reporter |
|---|---|---|
| Dividendes bruts encaissés | 600 € | 2042, case 2DC |
| Acompte de 12,8 % déjà prélevé sur ces dividendes | 76,80 € | 2042, case 2CK |
| Cession A : plus-value | + 1 800 € | Compensées entre elles |
| Cession B : moins-value | − 500 € | Compensées entre elles |
| Cession C : plus-value | + 300 € | Compensées entre elles |
| Résultat net de l’année | 1 600 € | 2042 C, case 3VG |
Le total en 3VG est donc de 1 600 € (1 800 − 500 + 300). Avec le PFU, l’impôt sur le revenu est de 12,8 % de 1 600 €, soit 204,80 €, et les prélèvements sociaux de 18,6 %, soit 297,60 €. Sur les dividendes, l’acompte de 76,80 € est imputé sur l’impôt dû : 600 × 12,8 % donne exactement 76,80 €, aucun complément ni restitution. Le même investisseur avec une perte nette de 700 € une autre année laisse 3VG vide et inscrit 700 € en 3VH : cette perte pourra être imputée sur ses gains des dix années suivantes. Les prélèvements sociaux sur dividendes ont déjà été retenus par l’établissement. Si cet investisseur change de courtier, voir le guide sur le transfert d’un compte-titres pour la suite des démarches.
Un courtier étranger : comment déclarer le compte et les gains ?
Tout compte ouvert, détenu, utilisé au moins une fois ou clos dans l’année auprès d’un établissement situé hors de France doit être déclaré chaque année avec la déclaration de revenus. Le choix de l’entité qui tient le compte a donc une conséquence fiscale (voir choisir son CTO). Les courtiers en ligne établis dans un autre pays de l’Union européenne sont concernés : être réglementé en Europe ne dispense pas de la déclaration. Un repère rapide est l’IBAN du compte espèces associé, qui ne commence pas par FR dans ce cas, même si ce n’est qu’un indice.
Concrètement, cochez la case 8UU de la déclaration complémentaire et joignez un formulaire 3916-bis par compte (intégré à la déclaration en ligne). La clôture d’un compte dans l’année se déclare aussi. Pour un CTO chez un courtier étranger, le compte-titres et son compte espèces sont généralement un seul compte pour l’établissement ; si vous avez un doute, la déclaration en ligne vous demande l’établissement, le numéro et les dates.
| Manquement | Sanction prévue |
|---|---|
| Compte bancaire à l’étranger non déclaré | 1 500 € par compte |
| Compte dans un État sans convention d’assistance administrative | 10 000 € par compte |
| Rappels d’impôt portant sur revenus ou patrimoine non déclarés | Majoration de 80 % |
| Compte d’actifs numériques non déclaré | 750 € par compte (1 500 € au-delà de 50 000 €) |
Les sommes transférées depuis ou vers l’étranger par un compte non déclaré sont aussi présumées imposables, sauf preuve contraire. Ces règles figurent sur service-public.gouv.fr. D’autres amendes existent dans la doctrine, que je n’ai pas pu confirmer : je ne les chiffre pas.
Pour les gains, un courtier étranger ne vous envoie pas d’IFU. Vous reconstituez vos cessions sur la base de ses relevés d’opérations, calculez les plus et moins-values au prix moyen pondéré (2074) et reportez le net en 3VG ou 3VH. Pour les dividendes et intérêts encaissés, vous les déclarez (2DC, 2TR) et, quand le revenu fiscal de référence atteint les seuils, vous devez payer vous-même le prélèvement forfaitaire de 12,8 % par les formulaires 2778-DIV et 2778. Les prélèvements sociaux sur ces revenus sont alors calculés sur votre avis d’impôt.
Comment déclarer des dividendes étrangers et récupérer le crédit d’impôt ?
Quand un dividende subit une retenue à la source étrangère, vous le déclarez pour son montant brut, sans déduire l’impôt étranger. La notice de la déclaration 2047 impose de reporter ce revenu brut dans la case adéquate de la 2042 (2DC pour des dividendes), puis d’indiquer en 2042 C le crédit d’impôt (case 8VL) et le revenu ouvrant droit à ce crédit (case 8PL), valeurs qui découlent du cadre 7 de la 2047.
Le crédit est égal à l’impôt réellement supporté à l’étranger, dans la limite du taux de la convention fiscale entre la France et le pays, sans pouvoir excéder l’impôt français correspondant. Il n’est ni remboursé ni reportable en cas d’excédent. Un exemple : un dividende américain de 200 € brut avec W-8BEN valide subit 30 € de retenue (15 %). Vous déclarez 200 € en 2DC et un crédit de 30 € (15 % de 200 €), plafonné au taux conventionnel. Sans W-8BEN, la retenue est de 60 € (30 %) : le crédit reste limité à 30 €, et le surplus se réclame à l’administration américaine, pas à la France. La notice précise que, dans ce cas, l’usager peut se rapprocher du pays concerné pour se faire restituer la différence. Le détail de la convention américaine est dans le guide W-8BEN et dividendes américains.
Quelles dates retenir pour la déclaration ?
La campagne 2026, qui portait sur les revenus de 2025, a eu les échéances suivantes : date limite papier le 19 mai 2026 à minuit ; déclaration en ligne le 21 mai pour les départements 01 à 19 et les non-résidents, le 28 mai pour les départements 20 à 54, le 4 juin pour les départements 55 à 976. Ces dates sont tirées de la brochure pratique de l’impôt sur le revenu 2026.
Pour la campagne 2027 (revenus 2026), aucun calendrier officiel n’est publié au 8 octobre 2026. Service-public.gouv.fr indique seulement une déclaration en 2027 avec une campagne débutant en avril 2027. Ne retenez aucune date limite avant la publication du calendrier, habituellement au printemps. D’autres échéances vous concernent entre-temps : l’avis d’impôt comprenant l’impôt et les prélèvements sociaux sur plus-values arrive à l’été ou à l’automne, et la demande de dispense de prélèvement forfaitaire sur dividendes et intérêts doit parvenir à l’établissement avant le 30 novembre pour les revenus de l’année suivante.
Liste de vérification : avant de déclarer
Cochez les points au fur et à mesure. Votre progression est mémorisée dans ce navigateur, sans être envoyée ailleurs, et vous pouvez la réinitialiser.
Avant de déclarer son compte-titres
Quinze vérifications, des documents à rassembler jusqu’à la copie finale.
Liste d’aide à la préparation, fondée sur les règles de la campagne 2026. Elle ne remplace ni la notice officielle de la déclaration ni l’avis d’un professionnel pour une situation complexe.
Quelles erreurs commet-on le plus souvent, et comment les corriger ?
- Oublier le compte d’un courtier étranger. C’est l’erreur la plus coûteuse : 1 500 € par compte omis. Même un compte vide ou clôturé dans l’année doit figurer.
- Reporter des montants nets au lieu de montants bruts. Dividendes et intérêts se déclarent avant prélèvement, l’impôt déjà versé allant en 2CK ou, pour l’étranger, dans le crédit d’impôt.
- Cumuler gains et pertes dans les mauvaises cases. On inscrit le net : 3VG si positif, 3VH si négatif. Pas les deux.
- Cumuler les moins-values antérieures dans la case 3VH. Seule la perte de l’année s’y inscrit ; les reports passent par la 2074 ou la 2074-CMV.
- Appliquer l’abattement de 40 % sans option. L’abattement de 40 % sur les dividendes n’existe qu’avec l’option barème.
- Laisser une case 2OP précochée par inadvertance. Elle confirme l’option de l’an dernier. Si elle n’est plus avantageuse, décochez-la.
- Utiliser un prix de revient « premier entré, premier sorti ». L’administration impose le prix moyen pondéré par ligne.
- Ignorer le prélèvement dû à titre personnel. Avec un courtier étranger, le prélèvement forfaitaire sur dividendes se déclare par vos soins, sauf mandat donné à l’établissement dans l’Espace économique européen.
Et si l’erreur est déjà commise ?
Une option barème peut désormais être abandonnée dans le délai de réclamation ou en cours de contrôle, depuis la loi de finances pour 2026. Pour un montant erroné, utilisez le service de correction de la déclaration en ligne, puis la réclamation via votre espace particulier si la période de correction est passée ; les délais exacts sont affichés sur impots.gouv.fr. Pour un compte oublié, une déclaration spontanée rapide est préférable à un rappel de l’administration.
Sources officielles
- Service-public.gouv.fr : Impôt sur le revenu, plus-values sur valeurs mobilières (F21618)
- Impots.gouv.fr : Les cessions mobilières
- Service-public.gouv.fr : Doit-on déclarer les comptes ouverts à l’étranger ? (F34342)
- Service-public.gouv.fr : Déclaration récapitulative des opérations sur valeurs mobilières (IFU)
- Impots.gouv.fr : Brochure pratique IR 2026 (revenus 2025)
- Impots.gouv.fr : Notice 2047, revenus de source étrangère (revenus 2025)
- BOFIP : prix moyen pondéré d’acquisition (BOI-RPPM-PVBMI-20-10-20-40)
- Service-public.gouv.fr : Revenus d’épargne et de placement, revenus 2026 (F34913)