Le plan d’épargne retraite (PER) échange une économie d’impôt immédiate contre un blocage jusqu’à la retraite. Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans la limite de 10 % des revenus professionnels de 2025 (plafonnés à 37 680 €), ou de 4 710 € si ce montant est plus élevé. À la sortie en capital, ce que vous avez déduit est imposé au barème de l’impôt sur le revenu et les gains au prélèvement forfaitaire de 31,4 %. Sur un compte-titres ordinaire (CTO), rien n’est déductible, rien n’est bloqué et les gains sont taxés à 31,4 %. L’avantage du PER dépend donc de l’écart entre votre tranche marginale actuelle et celle que vous aurez à la sortie.
Quelle différence entre un PER et un compte-titres ordinaire ?
Le CTO est une enveloppe de conservation de titres sans contrainte : aucun plafond, aucune durée, aucun motif de retrait à justifier, et la fiscalité ne s’applique qu’aux gains au moment où vous les réalisez. Le guide fonctionnement du compte-titres ordinaire en détaille les mécanismes.
Le PER est une enveloppe d’épargne dédiée à la retraite. Il se décline en plusieurs formes (contrat d’assurance, ou compte-titres de PER pour les versements individuels) et reçoit trois types de versements : volontaires, issus de l’épargne salariale, ou obligatoires. Seuls les versements volontaires se déduisent du revenu imposable et c’est eux que ce comparatif considère. Le principe du PER est inverse de celui d’un CTO : l’avantage fiscal est à l’entrée (déduction), la contrepartie est à la sortie (imposition) et dans l’intervalle l’argent est indisponible.
| Critère | Compte-titres ordinaire | PER |
|---|---|---|
| Déduction à l’entrée | Aucune | Versements volontaires déductibles du revenu imposable, dans la limite du plafond |
| Disponibilité | Retrait libre à tout moment | Bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé |
| Imposition de la sortie en capital | Gains à 31,4 % | Versements déduits au barème ; gains à 31,4 %. Versements non déduits : exonérés |
| Sortie en rente | Sans objet | Possible ; régime distinct selon que les versements ont été déduits ou non |
| Choix des titres | Tous types de titres | Selon le plan (contrat assurance ou compte-titres PER) |
| Transmission au décès | Dans la succession | Régime propre (voir plus bas) |
| Garantie en cas de défaillance | FGDR (titres, 70 000 €) si le teneur est adhérent | Dépend de la forme du plan |
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Combien peut-on déduire en 2026 ?
Selon le service-public, la déduction annuelle des versements volontaires est limitée au plus élevé de deux montants : 10 % de vos revenus professionnels de 2025, retenus dans la limite de 37 680 €, ou 4 710 €. Les plafonds sont revalorisés chaque année, et la fiche consultée précise que la fraction non utilisée peut être reportée sur les années suivantes (trois ans pour les plafonds de 2024 et 2025, cinq ans à compter de 2026). Le montant exact figure sur votre avis d’impôt, dans la rubrique consacrée aux plafonds d’épargne retraite : c’est lui qui fait foi, pas un calcul à la louche.
La déduction vaut votre tranche marginale d’imposition : verser 5 000 € vous fait économiser 1 500 € à 30 %, 2 050 € à 41 %, et 0 € si vous n’êtes pas imposable. C’est le point d’entrée du raisonnement : le PER intéresse surtout ceux dont la tranche marginale est élevée. Pour un foyer à 11 %, l’économie est de 550 € pour 5 000 € versés.
Les versements ne sont jamais obligatoirement déduits : vous pouvez renoncer à la déduction au moment du versement, ce qui change le régime de sortie (voir plus bas). Enfin, selon la fiche consultée, les versements effectués après 70 ans restent possibles mais ne sont plus déductibles depuis le 1er janvier 2026.
Comment la sortie est-elle imposée ?
La sortie du PER se fait en capital, en rente viagère, ou en combinant les deux. Pour une sortie en capital, le service-public distingue deux cas. Si les versements ont été déduits, le capital correspondant aux versements est imposé au barème de l’impôt sur le revenu, tandis que les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % depuis 2026. Si les versements n’ont pas été déduits, ils ressortent en franchise d’impôt et seuls les gains subissent les 31,4 %.
Pour une rente, le régime n’est pas le même. Lorsque les versements n’ont pas été déduits, la rente relève du régime des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction est imposable, selon l’âge au premier versement (70 %, 50 %, 40 % ou 30 %). Des prélèvements sociaux de 18,6 % s’appliquent sur la rente pour les versements perçus à partir du 1er janvier 2026, toujours selon la même fiche. Pour les versements déduits, la rente relève d’un autre régime que nous ne détaillons pas ici : sa fiscalité dépend de la situation du foyer, à vérifier sur la fiche officielle du plan.
La conséquence pratique : en capital, l’opération se résume à une comparaison de taux. Vous avez déduit à votre tranche d’aujourd’hui, vous serez imposé à votre tranche de la retraite sur la part du capital. Si la seconde est plus basse que la première, vous gagnez la différence. Si elle est identique, l’opération est neutre sur le capital et le gain tient uniquement à la fiscalité des gains. Si elle est plus haute, vous perdez.
Quand peut-on récupérer l’argent du PER ?
Le principe est le blocage jusqu’à l’âge de la retraite. Des déblocages anticipés sont permis dans des cas définis par la loi, qui figurent sur la fiche du service-public : décès du conjoint ou du partenaire de PACS, invalidité, surendettement, expiration des droits à l’assurance chômage, et achat de la résidence principale. Pour ce dernier cas, la fiche précise que seuls les droits issus de versements volontaires sont débloqués : ceux issus de versements obligatoires restent bloqués.
La contrepartie n’est pas la même qu’en CTO : le CTO se vide à tout moment, le PER non. Cela a une conséquence pratique forte : l’argent que vous pourriez devoir mobiliser avant la retraite, pour un projet, un changement d’activité ou un imprévu, n’a rien à faire dans un PER. Le blocage s’accepte pour de l’épargne que l’on a déjà mise de côté sous une autre forme, jamais pour la réserve de précaution.
Simulateur : PER ou CTO pour le même effort d’épargne ?
Le calcul compare deux épargnants qui font le même effort réel. Avec le PER, vous versez la somme brute et récupérez la déduction. Avec le CTO, vous n’investissez que ce qui reste après cette économie d’impôt (le « coût net » du versement). Le calcul suppose un rendement constant, des versements en fin d’année et une sortie complète en capital.
Simulateur PER ou compte-titres selon votre tranche
Calcul indicatif aux taux 2026 : gains à 31,4 % dans les deux cas, versements déduits du PER taxés au barème à la sortie.
Calcul indicatif. Il suppose une sortie en capital, une tranche marginale constante et ignore les frais, la rente, le quotient familial, les effets de seuil et le fait que le capital repris à la retraite peut changer de tranche. Il ne remplace pas une simulation personnalisée.
Avec les valeurs par défaut (6 000 € par an pendant vingt ans à 4 %, tranche de 30 % puis de 11 %), le PER sort environ 147 000 € nets, contre environ 112 000 € sur le compte-titres pour le même effort réel. La déduction génère 1 800 € d’économie par an, et la reprise à 11 % sur 120 000 € de versements coûte 13 200 € à la sortie.
Trois cas chiffrés
Ces exemples sont des illustrations arithmétiques fondées sur les taux de 2026, pas des situations réelles ni des prévisions de rendement. Ils supposent 6 000 € versés en fin d’année pendant vingt ans à 4 %, une sortie complète en capital, un plafond de déduction non limitant et une tranche constante.
Cas 1 : tranche de 30 % aujourd’hui, de 11 % à la retraite
Prenons un salarié imposé à 30 % qui sera à 11 % pour sa retraite. Le PER donne 1 800 € d’économie d’impôt par an, soit un effort réel de 4 200 €. À la sortie, l’épargne atteint environ 178 700 € pour 120 000 € versés. L’impôt est de 13 200 € sur le capital (11 % de 120 000 €) et de 18 400 € sur les 58 700 € de gains : le net est d’environ 147 000 €. Avec les mêmes 4 200 € par an placés sur un compte-titres, la valeur atteint environ 125 100 € et le net, après 12 900 € d’impôt sur les gains, 112 200 €. Le PER l’emporte d’environ 34 900 €.
Cas 2 : tranche de 30 % aujourd’hui et à la retraite
Prenons le même salarié, mais qui restera à 30 % à la retraite. La reprise sur le capital passe à 36 000 € ; le net du PER tombe à environ 124 200 €, contre 112 200 € en CTO. Le PER garde une avance d’environ 12 000 €, qui tient à ce que les gains sont taxés de la même manière mais sur une base plus grande, financée par l’économie d’impôt initiale.
Cas 3 : tranche de 11 % aujourd’hui, de 30 % à la retraite
Prenons un jeune actif imposé à 11 % qui sera imposé à 30 % plus tard. La déduction ne rapporte que 660 € par an et la reprise à 30 % sur 120 000 € coûte 36 000 €. Le PER sort environ 124 200 €, contre environ 142 600 € pour le compte-titres alimenté du même effort réel (5 340 € par an). Le compte-titres l’emporte d’environ 18 400 €. C’est le cas typique où le PER est un mauvais choix.
Quel est l’intérêt d’un PER en compte-titres ?
Un PER peut être ouvert sous forme de compte-titres, ce qui permet de choisir soi-même ses actions, ETF ou fonds, avec la même logique de sélection que sur un CTO. L’avantage est de garder la liberté de gestion tout en bénéficiant de la déduction à l’entrée. Les contraintes sont celles du PER : blocage jusqu’à la retraite, sortie imposée comme décrit plus haut et déblocages limités aux cas listés. Avant d’ouvrir, vérifiez dans la documentation de l’établissement qu’il propose bien cette forme de plan, ainsi que ses frais et ses titres accessibles.
La question à se poser est la suivante : est-ce que je gère mieux mes titres dans une enveloppe bloquée ? La liberté de choix des titres ne compense pas l’absence de liberté de retrait. Si vous êtes à l’aise avec la gestion directe, le PER compte-titres offre un bon compromis, à condition d’avoir l’horizon et la tranche marginale qui justifient le blocage. Dans le cas inverse, un CTO classique garde l’avantage de la flexibilité.
Que devient un PER au décès ?
La transmission dépend de la forme du plan. Pour un PER d’assurance, les règles de l’assurance-vie s’appliquent d’après la brochure de la DGFiP : si le titulaire décède avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 € puis d’un prélèvement de 20 % jusqu’à 700 000 € (31,25 % au-delà) ; après 70 ans, la somme due par l’assureur est soumise aux droits de succession au-delà d’un abattement global de 30 500 €. Pour un PER en compte-titres, la fiche du service-public indique que les sommes sont intégrées à l’actif successoral et taxées selon la fiscalité des successions.
La comparaison avec un CTO classique se fait donc sur la forme choisie. Un CTO entre toujours dans la succession, avec l’abattement de 100 000 € par enfant et par parent décédé, et la plus-value latente n’est pas imposée chez les héritiers. La page CTO ou assurance-vie et le guide succession et décès d’un titulaire de CTO détaillent ces mécanismes.
Frais et transfert : à quoi faut-il faire attention ?
Les frais d’un PER varient avec la forme du plan : un PER d’assurance cumule généralement frais sur versements, de gestion et d’arbitrage, auxquels s’ajoutent ceux des supports ; un PER en compte-titres se rapproche d’un CTO (frais de courtage et de tenue de compte). Il n’existe pas de grille unique : comparez le coût total sur la durée visée, car sur vingt ans, un point de frais annuel pèse davantage que la plupart des écarts de rendement. Pour les CTO, la page frais du CTO détaille les postes.
Le transfert d’un PER vers un autre plan est encadré : selon la fiche du service-public, il est gratuit si le plan est détenu depuis cinq ans ou plus ; avant, les frais sont limités à 1 % de l’épargne accumulée. Ce point compte quand on veut changer de gestionnaire. Pour un CTO, le transfert est possible mais ses frais ne sont pas plafonnés par la loi : voir le guide transférer son compte-titres.
Pour qui le PER a-t-il du sens, et peut-on cumuler ?
Le PER est cohérent pour un épargnant dont la tranche marginale est de 30 % ou plus, qui prévoit une baisse de revenus à la retraite, qui a déjà constitué une épargne disponible et qui accepte un blocage de plusieurs années. Il est discutable pour un foyer non imposable ou à 11 %, pour un horizon de moins de dix ans, ou pour quelqu’un dont les revenus de retraite resteront élevés. Il est inadapté à la réserve de précaution.
La plupart des épargnants combinent. Le PER sert de levier fiscal sur une part de l’épargne longue, en profitant de la déduction les années de forte imposition. Le CTO héberge le reste, avec la liberté qu’il donne sur les titres, les arbitrages et les retraits. Pour la part investie en actions européennes sur plus de cinq ans, la page CTO ou PEA montre un autre arbitrage fiscal à regarder avant d’alimenter l’un ou l’autre.
Erreurs fréquentes quand on compare CTO et PER
- Ne regarder que l’économie d’impôt de l’année. La déduction est une avance : elle est reprise à la sortie. Ce qui compte est l’écart entre la tranche d’aujourd’hui et celle de demain.
- Verser sans connaître son plafond. La fraction au-delà du plafond de l’avis d’impôt n’est pas déductible.
- Y mettre la réserve de précaution. Le PER est bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas définis.
- Oublier l’imposition de la sortie en capital. Ce qui a été déduit est imposé au barème, avec un risque de changement de tranche si la sortie est concentrée sur une année.
- Croire que les gains sont exonérés. Les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire de 31,4 % en 2026, comme sur un CTO.
- Négliger les frais du plan. Sur vingt ans, un contrat cher peut effacer l’avantage de la déduction.
- Appliquer les taux de 2025. Beaucoup de contenus affichent 30 % ; en 2026, c’est 31,4 %.
Comment décider ?
Trois questions. Votre tranche marginale actuelle est-elle de 30 % ou plus ? Si non, le CTO ou le PEA suffisent presque toujours. Votre tranche à la retraite sera-t-elle plus basse ? Si oui, le PER prend l’avantage, davantage encore que l’écart est large. Pouvez-vous bloquer cette somme jusqu’à la retraite sans risque ? Si non, restez sur le CTO. Le guide de la fiscalité du compte-titres et le guide pour choisir son compte-titres complètent la comparaison côté CTO.
Ces règles sont celles de 2026. Le projet de loi de finances pour 2027 (déposé le 1er octobre 2026) prévoit une indexation de 2,1 % du barème de l’impôt sur le revenu, qui modifierait les seuils des tranches à partir des revenus 2026 si le texte est adopté tel quel. Les recherches que nous avons faites dans le texte n’ont pas relevé de mesure sur le PER, mais il peut être amendé. Les évolutions sont suivies sur la page suivi des mises à jour.
Sources officielles
- Service-public.fr : Plan d’épargne retraite (PER)
- DGFiP : Je suis bénéficiaire d’une assurance-vie (régimes des PER, février 2022)
- Service-public.fr : Plus-values sur valeurs mobilières (PFU 31,4 %)
- Service-public.fr : Droits de succession en ligne directe
- AMF : Le compte-titres ordinaire