Le compte-titres ordinaire est un compte d’instruments financiers associé à un compte espèces. Il accueille tous types de titres, sans plafond de versement, sans durée de blocage et sans limite de retrait. En contrepartie, il n’offre aucun avantage fiscal : les gains supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026, ou le barème sur option.
Vous êtes propriétaire des titres inscrits à votre compte. En cas de défaillance de l’établissement, la garantie française couvre jusqu’à 70 000 € de titres et, pour les espèces d’une banque, jusqu’à 100 000 €.
Qu’est-ce qu’un compte-titres ordinaire ?
Selon l’AMF, le compte-titres ordinaire permet de « loger » les titres que l’on possède et de gérer ses investissements sur les marchés financiers en passant des ordres de bourse. Les titres financiers (actions, obligations, ETF, parts de fonds, SICAV) doivent être inscrits en compte, soit sur un CTO, soit sur un plan d’épargne en actions. Le Code monétaire et financier le désigne comme compte-titres ou compte d’instruments financiers, et ses conventions parlent de « convention de compte d’instruments financiers ».
Le mot « ordinaire » signifie simplement qu’il n’est pas spécialisé : à la différence du PEA ou de l’assurance vie, il n’a pas de régime fiscal propre ni de condition d’éligibilité des titres. Cette neutralité explique sa souplesse et son coût fiscal : tout ce qui est possible sur les marchés l’est ici, et tout gain est imposé selon le droit commun des valeurs mobilières.
Un CTO peut être individuel, joint ou indivis, et détenu en pleine propriété comme en nue-propriété ou en usufruit. Il est ouvert auprès d’un établissement habilité (banque ou entreprise d’investissement) ; la procédure est décrite dans ouvrir un CTO en ligne.
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Pourquoi un compte-titres s’accompagne-t-il d’un compte espèces ?
Le compte-titres enregistre des titres, pas de l’argent. Les achats et ventes se règlent donc sur un compte espèces associé, qui est débité du montant des achats et des frais, et crédité du produit des ventes et des revenus (dividendes, coupons, intérêts). L’AMF précise que ce compte peut être ouvert spécialement ou être le compte bancaire courant du titulaire.
Cette dualité a des conséquences pratiques. D’abord, vous ne pouvez acheter que dans la limite des espèces disponibles, sauf mécanisme particulier comme le service de règlement différé (voir plus loin). Ensuite, les espèces ne bénéficient pas de la même protection que les titres. Si le teneur est une banque, les espèces sont intégrées à la garantie des dépôts, jusqu’à 100 000 € par client et par établissement. Si c’est une entreprise d’investissement, elles sont indemnisées jusqu’à 70 000 € en plus des 70 000 € de titres. Enfin, des espèces qui dorment sur un compte de courtier ne rapportent en général pas d’intérêts : ne les y laissez pas plus longtemps que nécessaire.
À qui appartiennent les titres et où sont-ils conservés ?
Le Code monétaire et financier est clair : le compte-titres est ouvert au nom d’un ou plusieurs titulaires, « propriétaires des titres financiers » qui y sont inscrits, et le transfert de propriété résulte de l’inscription des titres au compte de l’acquéreur. Votre établissement est un conservateur, pas le propriétaire. Il ne peut pas utiliser vos titres pour son propre compte sans votre consentement exprès : l’article L. 533-10 du code impose aux prestataires de prendre des dispositions pour sauvegarder les droits de propriété de leurs clients et d’empêcher l’usage de leurs titres pour leur compte propre.
La conservation est généralement organisée en cascade. Les titres de tous les clients sont inscrits dans des comptes ouverts auprès d’un dépositaire central ou d’un sous-conservateur, parfois au nom d’une société dédiée (« nominee »), ce qui sépare les actifs des clients de ceux du courtier. Dans un document d’un courtier régulé en Irlande, par exemple, les titres sont inscrits au nom d’une telle société, avec un rapprochement quotidien et un audit annuel de la protection des avoirs. Les espèces, elles, sont souvent détenues dans des comptes bancaires groupés (omnibus), où une défaillance de la banque dépositaire se mutualise entre les clients. Ces mécanismes sont décrits à titre d’exemple et varient selon l’acteur : consultez le document d’information sur la protection des avoirs de votre établissement.
Ce qui protège le client est donc double : la propriété (vos titres ne font pas partie de la masse de l’établissement qui fait faillite) et la garantie (qui intervient si les titres ont disparu et ne peuvent être restitués). Le guide garantie des titres d’un courtier détaille les cas couverts et exclus.
Comment passe-t-on un ordre de bourse ?
Un ordre est une instruction donnée à votre établissement : acheter ou vendre une quantité d’un titre, à certaines conditions de prix et de durée. L’établissement le transmet à une place de négociation, ou l’exécute selon sa politique d’exécution. Les principaux types d’ordres sur Euronext sont les suivants.
- Ordre au marché : sans prix, exécuté aux meilleurs prix disponibles, prioritaire sur les autres. Il peut s’exécuter partiellement à des prix différents.
- Ordre à cours limité : vous fixez le prix maximal d’achat ou minimal de vente ; l’ordre s’exécute à ce prix ou mieux.
- Ordre à seuil de déclenchement (stop) : il devient un ordre au marché lorsque le cours atteint le seuil fixé.
- Ordre à plage de déclenchement : il devient un ordre à cours limité une fois le seuil franchi.
La validité va de la journée (par défaut dans de nombreux cas) à une date limite ou jusqu’à annulation, avec une durée maximale d’un an sur Euronext. Les ordres non exécutés sont annulés lors du détachement d’un dividende ; la plupart des établissements les réintroduisent avec une limite ajustée du dividende. L’offre réelle varie selon l’établissement : tous ne proposent pas tous les types d’ordres. Le guide types d’ordres de bourse les détaille avec leurs risques.
Quand la bourse de Paris est-elle ouverte ?
D’après le document Euronext en vigueur depuis le 3 août 2026, les ordres s’accumulent en pré-ouverture à partir de 7 h 30 (heure de Paris) sans qu’il y ait de transaction. Le fixing d’ouverture a lieu à 9 h, suivi de la négociation en continu jusqu’à 17 h 30. Une pré-clôture de cinq minutes précède le fixing de clôture de 17 h 35, puis une phase à prix unique (« trading at last ») dure jusqu’à 17 h 40. Les ETF ouvrent par un fixing à 9 h 04. Les valeurs moins liquides se négocient par deux fixings par jour, à 11 h 30 et 16 h 30.
En 2026, Euronext Paris est fermée le 1er janvier, le 3 avril (Vendredi saint), le 6 avril (lundi de Pâques), le 1er mai et le 25 décembre, avec des demi-journées les 24 et 31 décembre. En dehors de ces heures, un ordre saisi reste en attente jusqu’à la séance suivante, ce qui peut produire un écart de prix à l’ouverture.
Que se passe-t-il après l’exécution : le règlement-livraison
L’exécution d’un ordre ne suffit pas : l’échange des titres contre l’argent s’effectue ensuite, au moment du règlement-livraison. En octobre 2026, dans l’Union européenne, les actions et ETF se dénouent à J+2, c’est-à-dire deux jours ouverts après la négociation. Le règlement européen sur les dépositaires centraux a été modifié pour imposer le passage à J+1 : la date retenue est le 11 octobre 2027, à la suite de la recommandation de l’ESMA de novembre 2024. Les États-Unis sont passés à J+1 depuis mai 2024, ce qui crée un décalage temporaire pour les transactions croisant les deux zones.
Pour l’investisseur particulier, l’effet est discret. Votre établissement tient compte de l’exécution : les titres apparaissent dans votre position et l’argent est bloqué à l’achat dès le passage de l’ordre, selon les conventions. Mais le délai compte dans deux situations : si vous revendez des titres pour en acheter d’autres, la disponibilité des espèces dépend de la politique de l’établissement, et si vous vendez avant un dividende ou un transfert, la date de règlement détermine à qui revient le droit. Les conditions exactes (crédit anticipé ou non des ventes) sont dans la convention de compte.
Le service de règlement différé (SRD)
Le SRD est une particularité française. Les ordres « avec SRD » sont exécutés au comptant sur Euronext, mais le débit ou le crédit de votre compte est reporté au dernier jour de bourse du mois ; vous pouvez demander la prorogation de votre position au plus tard le troisième jour de bourse avant la fin du mois. Une couverture initiale est exigée (au moins 20 % en espèces, d’après le médiateur de l’AMF), ce qui permet d’engager jusqu’à cinq fois les avoirs disponibles. C’est un effet de levier : les pertes peuvent excéder le capital apporté, et l’intermédiaire peut liquider vos positions si la couverture n’est plus suffisante. Seules les valeurs éligibles (capitalisation d’au moins un milliard d’euros et tous les ETF cotés à Paris, en SRD « long seulement ») peuvent être traitées, et le service est facturé selon une tarification libre. Il ne s’adresse pas aux débutants.
Que deviennent les dividendes et les opérations sur titres ?
Quand une société distribue un dividende, le montant est crédité sur votre compte espèces, après d’éventuels prélèvements. Pour un titre français payé par un établissement français, le prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % et les prélèvements sociaux de 18,6 % sont retenus à la source. Ce prélèvement de 12,8 % est un acompte : il se déduit de l’impôt dû et l’excédent est restitué. Une dispense est possible si votre revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 50 000 € (célibataire) ou 75 000 € (couple) pour les dividendes ; la demande, par attestation sur l’honneur, doit être remise à l’établissement au plus tard le 30 novembre de l’année précédant le paiement. Elle ne dispense pas des prélèvements sociaux.
Pour un dividende étranger, une retenue à la source du pays d’origine s’ajoute, que la France peut imputer dans la limite du taux de la convention fiscale. Pour un dividende américain, la retenue est de 30 % sans formulaire et de 15 % avec un W-8BEN valide : voir le guide W-8BEN. Le détachement du dividende fait baisser le cours du titre du montant versé, ce qui explique que les ordres soient ajustés ou annulés ce jour-là.
Les autres opérations sur titres sont gérées par l’établissement : division ou regroupement d’actions, attribution gratuite, augmentation de capital avec droits de souscription, offre publique d’achat ou d’échange, fusion, changement de code ISIN. Certaines sont automatiques, d’autres demandent votre réponse dans un délai court : un courrier ou un message de l’établissement doit vous les signaler. Pour les opérations imposables (échange de titres, par exemple), les conséquences fiscales sont à vérifier dans le guide fiscalité du CTO. Les droits de vote et les assemblées générales passent aussi par l’établissement, selon des modalités variables.
Comment le CTO est-il imposé ?
Sur un CTO, les titres sont nécessairement soumis à l’imposition des revenus de valeurs mobilières et des plus-values de cession. En 2026, le taux de droit commun est le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG 10,6 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %), la hausse de la CSG de 9,2 % à 10,6 % relevant de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Vous pouvez opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu : l’option est globale pour tous vos revenus du capital de l’année, et depuis la loi de finances pour 2026 elle n’est plus irrévocable. Les moins-values sont imputables sur les plus-values de même nature, puis reportables sur les dix années suivantes. Le prix de revient se calcule au prix moyen pondéré d’acquisition, frais de courtage inclus.
Les moins-values latentes, c’est-à-dire non réalisées, ne sont pas fiscalisées, pas plus que les plus-values latentes : l’impôt naît à la vente. Les cases et les formulaires sont détaillés dans déclarer son compte-titres aux impôts, et le report des pertes dans les moins-values du CTO.
Quels sont les avantages et les limites du compte-titres ordinaire ?
Avantages
- Liberté totale. Aucun plafond de versement, aucune durée minimale de détention, aucun blocage : l’AMF souligne qu’il n’existe aucune limite de retrait.
- Univers d’investissement complet. Actions de toutes places (selon l’établissement), obligations, ETF, fonds, warrants.
- Plusieurs comptes possibles, à tout âge, et pour un mineur par son représentant légal.
- Moins-values imputables sur les plus-values de même nature pendant dix ans.
- Frais d’ouverture nuls dans le panel de l’OPEF 2026.
Limites
- Aucun avantage fiscal : le PFU s’applique dès le premier euro de gain, alors que le PEA exonère d’impôt sur le revenu après cinq ans.
- Complexité déclarative : calcul des plus-values, report des pertes et, pour un compte à l’étranger, déclaration annuelle.
- Risque de perte en capital : ni le capital ni le rendement ne sont garantis.
- Garantie limitée : 70 000 € de titres en France, souvent 20 000 € ailleurs en Europe.
- Frais variables d’un établissement à l’autre, avec un écart important (voir frais d’un CTO).
Qui peut ouvrir un CTO ?
Toute personne physique le peut, à tout âge : un mineur détient un CTO ouvert et géré par son représentant légal, l’accord d’un juge pouvant être nécessaire pour les opérations les plus importantes. Les sociétés et associations peuvent aussi en ouvrir, avec des pièces spécifiques. La résidence fiscale compte : un résident fiscal français peut utiliser le compte, avec les taux présentés ici ; un non-résident suit d’autres règles. Les acteurs fixent par ailleurs leurs propres conditions, notamment pour les personnes liées aux États-Unis. Pour les cas particuliers, voyez le compte-titres d’un mineur, le CTO joint et le compte-titres d’une société.
CTO, PEA, assurance vie, PER : quelles différences ?
Le tableau compare les enveloppes sur les critères qui décident du choix. Les règles du PEA reprennent la fiche AMF ; pour l’assurance vie et le PER, le tableau reste volontairement général, car leurs règles dépendent du contrat.
| Critère | CTO | PEA | Assurance vie | PER |
|---|---|---|---|---|
| Nature | Compte d’instruments financiers | Plan d’épargne en actions | Contrat d’assurance | Plan d’épargne retraite |
| Plafond de versement | Aucun | 150 000 € (225 000 € avec le PEA-PME) | Aucun plafond légal | Selon les règles du plan |
| Titres accessibles | Tous | Actions de l’UE/EEE et OPC investis à 75 % au moins dans ces actions | Supports du contrat | Supports du plan |
| Retraits | Libres à tout moment | Avant 5 ans : clôture en principe ; après : possibles | Rachats possibles, fiscalité selon l’ancienneté | Bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas prévus |
| Fiscalité des gains | PFU 31,4 % ou barème | Exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans, prélèvements sociaux dus | Abattement après 8 ans ; prélèvements sociaux à 17,2 % | Régime propre à la sortie |
| Garantie en cas de défaillance du teneur | FGDR (titres 70 000 €) ou système étranger | FGDR (y compris titres détenus en PEA) | Hors FGDR | Dépend du support |
Ces enveloppes ne s’excluent pas. Une répartition courante place d’abord les titres éligibles dans le PEA, puis utilise le CTO pour ce que le PEA ne permet pas (actions américaines, au-delà du plafond, ETF non éligibles). Les comparatifs détaillés sont dans CTO ou PEA, CTO ou assurance vie et CTO ou PER.
Comment choisir son établissement ?
Le compte est le même juridiquement ; ce qui diffère, ce sont l’entité qui le tient, les frais, les marchés, la garantie et le service. Le guide choisir son CTO donne une méthode en sept critères ; la page CTO pour débutants et le simulateur de frais permettent de passer à la pratique. Un point de vigilance : si la plateforme propose aussi des CFD, rappelez-vous qu’ils ne sont pas des titres, qu’ils comportent un risque élevé de perte rapide en capital à cause de l’effet de levier, et que le guide CTO ou CFD explique comment les distinguer.
Erreurs fréquentes sur le fonctionnement d’un compte-titres
- Croire que l’établissement est propriétaire des titres. Vous en êtes propriétaire ; il en est le conservateur.
- Confondre garantie et assurance contre la baisse. La garantie ne couvre que la disparition des titres, jamais les pertes de marché.
- Passer un ordre au marché sans regarder la liquidité. Sur une valeur peu échangée, le prix d’exécution peut s’éloigner du dernier cours.
- Oublier l’effet du détachement du dividende. Un ordre à cours limité peut être annulé ou ajusté ce jour-là.
- Utiliser le SRD sans mesurer le levier. Les pertes peuvent excéder le capital engagé.
- Laisser des espèces inactives. Elles ne sont pas toujours rémunérées et dépendent de la garantie de l’entité.
- Ignorer la déclaration d’un compte à l’étranger. L’omission est sanctionnée de 1 500 € par compte.
- Penser que le CTO est interdit aux petits montants. Il n’existe aucun montant minimum légal ; seules les conditions de l’établissement comptent.
Sources officielles
- AMF : le compte-titres ordinaire
- AMF : le PEA
- Légifrance : Code monétaire et financier, inscription en compte des titres financiers
- Légifrance : Code monétaire et financier, règles de conduite des prestataires
- FGDR : je possède des titres
- Euronext : horaires de négociation et jours fériés
- Service-public.gouv.fr : plus-values sur valeurs mobilières
- Service-public.gouv.fr : prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine
- Service-public.gouv.fr : assurance vie