Un CTO s’ouvre gratuitement (0 € dans les 24 établissements du panel OPEF 2026), mais coûte ensuite à l’usage. Selon l’OPEF 2026, les frais récurrents annuels des services liés au CTO, PEA et PEA-PME se situent en moyenne entre 0,07 % et 0,46 % selon les supports. Les droits de garde et la tenue de compte pèsent souvent plus que le courtage sur un petit portefeuille.
Deux taxes s’ajoutent selon vos achats : la taxe française sur les transactions financières (0,4 % à l’achat de 121 grandes sociétés françaises) et les taxes étrangères (0,5 % au Royaume-Uni, 0,2 % en Espagne).
Quels sont tous les frais d’un compte-titres ordinaire ?
L’AMF recense les catégories suivantes : commission de tenue de compte (annuelle), frais de courtage à chaque ordre sur actions, droits d’entrée et frais courants pour les fonds, droits de garde (actions et fonds), frais de transfert vers un autre établissement et, plus rarement, frais de clôture. À cela s’ajoutent, selon l’acteur, les frais de change, l’écart entre prix d’achat et de vente, les frais d’inactivité, les données de marché payantes et les taxes répercutées. Le tableau ci-dessous les classe selon la question à poser.
| Poste | Quand il tombe | Comment il est calculé | La question à poser |
|---|---|---|---|
| Courtage | À chaque ordre exécuté | Forfait, pourcentage, minimum, paliers | Que coûte mon ordre type, et chaque exécution partielle est-elle facturée ? |
| Droits de garde | Chaque année | Pourcentage de l’encours ou montant par ligne | Existent-ils, avec quel plafond ou quelle gratuité ? |
| Tenue de compte | Chaque année | Montant fixe | Quelles conditions pour l’exonération ? |
| Change | À l’achat ou à la vente de titres en devises | Commission en pourcentage, minimum, ou taux majoré | Quel est le coût de conversion de bout en bout ? |
| Spread | À chaque exécution contre le prestataire | Écart entre prix d’achat et de vente | L’ordre est-il exécuté sur un marché ou contre la plateforme ? |
| Taxes | À l’achat de certains titres | TTF française 0,4 %, droits étrangers | Quels titres sont concernés ? |
| Inactivité | Si peu d’ordres | Montant fixe | Quel seuil d’activité est exigé ? |
| Transfert sortant | Au départ | Par ligne ou forfait | Combien pour mon portefeuille type ? |
| Clôture | À la fermeture | Montant fixe | Existe-t-elle ? |
Pour comparer des acteurs précis, le simulateur de frais applique les grilles à votre scénario, et la page CTO aux frais les plus bas classe les offres.
Actions et ETF réels : 0 % de commission chez XTB
Aucune commission sur les actions et ETF réels jusqu’à 100 000 € de transactions par mois, puis 0,2 % (minimum 10 €). Droits de garde nuls sous 250 000 €, change à 0,5 %. À lire avant d’ouvrir : XTB est un courtier polonais, garantie des titres plafonnée dans son pays.
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Comment fonctionne le courtage : forfait, pourcentage, paliers ou minimum ?
Le courtage est la commission prélevée à chaque ordre. On rencontre quatre modèles, souvent combinés.
Le forfait facture une somme fixe quel que soit le montant : il avantage les gros ordres. Le pourcentage facture une fraction du montant : il avantage les petits ordres, mais devient coûteux sur les gros. Les paliers appliquent un forfait ou un taux différent selon la tranche de montant : la grille est dégressive. Le minimum garantit un plancher à l’établissement : sur un petit ordre, il transforme un faible pourcentage en coût élevé. Selon l’OPEF 2026, 13 établissements sur 24 (54 %) pratiquent des barèmes dégressifs par tranches, 11 appliquent une commission unique proportionnelle (de 0,08 % à 0,75 %) et 12 appliquent un minimum de courtage, de 7,12 € en moyenne en 2025.
Pour 5 ordres de 2 000 € sur cinq actions cotées sur Euronext, l’OPEF mesure un coût moyen de 45,61 € (0,46 %), soit 52,56 € (0,53 %) dans les banques de réseau, avec une plage de 42 € à 87,50 €, et 28,74 € (0,29 %) sur les plateformes en ligne, avec une plage de 5 € à 54,95 €. Un acteur en ligne applique un schéma atypique : premier ordre du mois gratuit s’il est inférieur ou égal à 500 €, sinon un taux de 0,35 %.
Un point souvent oublié : un ordre peut être exécuté en plusieurs fois. Certaines conventions précisent que chaque exécution partielle est soumise aux commissions. Sur un minimum élevé, un ordre fractionné coûte plus cher que prévu. Cherchez cette mention dans la convention.
À partir de quel montant un forfait bat-il un pourcentage ?
Quand deux grilles s’affrontent, le bon réflexe est de calculer le point de bascule : le montant d’ordre pour lequel les deux coûtent autant. Au forfait F, avec un taux t, le point de bascule est F divisé par t. Au-dessous, le pourcentage est moins cher ; au-dessus, le forfait l’emporte. Si la grille proportionnelle impose un minimum supérieur ou égal au forfait, le forfait est toujours au moins aussi bon. L’outil ci-dessous fait le calcul et le projette sur une année.
Forfait ou pourcentage ?
Renseignez deux grilles et votre usage : l’outil donne le point de bascule.
Exemple pédagogique : les valeurs par défaut ne correspondent à aucun établissement. L’outil ne tient pas compte des droits de garde, du change, des taxes ni des paliers ; reportez-vous à la brochure tarifaire en vigueur.
Avec les valeurs par défaut (forfait de 2 €, 0,10 %, minimum de 1 €), la bascule se situe à 2 000 €. Un ordre de 1 500 € coûte 1,50 € au pourcentage et 2 € au forfait, soit 36 € contre 48 € pour 24 ordres par an. À 5 000 €, le pourcentage coûterait 5 € contre 2 €. Ces chiffres sont un exemple : refaites le calcul avec les grilles qui vous intéressent.
Droits de garde et tenue de compte : les frais qui pèsent sur un petit portefeuille
Les droits de garde rémunèrent la conservation des titres ; la tenue de compte est une commission annuelle fixe. Sur un portefeuille de 10 000 € réparti en 5 lignes, l’OPEF 2026 mesure un coût moyen combiné de 45,72 € (0,46 %), avec un écart considérable : 62,19 € (0,62 %) dans les banques de réseau, de 25 € à 84 €, contre 5,71 € (0,06 %) sur les plateformes en ligne, de 0 € à 40 €. Les droits de garde au sens strict atteignent en moyenne 0,37 % par an (36,90 €) ; ils sont gratuits dans 6 cas sur 7 chez les établissements en ligne, contre 2 banques de réseau sur 17, avec un taux moyen de 0,50 % dans les réseaux.
La tenue de compte est gratuite dans 11 établissements sur 24. Les 13 autres facturent de 8,50 € à 34,40 € par an, avec des exonérations conditionnées : âge (moins de 26 à 30 ans selon les banques), souscription d’un autre service, un ordre ou un fonds par an au minimum, plan de versements programmés. La condition compte autant que le montant : un compte « gratuit » sous condition peut devenir payant si vous cessez de la remplir.
Pour un investissement en fonds, les statistiques sont différentes : sur un portefeuille de 10 000 € de fonds « partenaires », les frais liés au service CTO atteignent 14,85 € (0,15 %), contre 51,80 € pour des fonds non partenaires. Les droits d’entrée maximaux affichés atteignent en moyenne 2,16 % en 2025, mais les frais d’entrée réellement facturés à l’achat par internet ne sont en moyenne que de 0,43 % chez les 6 établissements qui en facturent.
Change et spread : les coûts cachés de l’exécution
Acheter une action américaine depuis un compte en euros suppose de convertir des euros en dollars. L’ESMA relève que les courtiers en ligne proposant des instruments en devises étrangères appliquent typiquement des frais de conversion. Dans les brochures 2026 que nous avons parcourues, on rencontre une commission de 0,05 % à 0,25 % du montant converti, avec parfois un minimum fixe de 15 € à 20 €, et d’autres modèles où la conversion est incluse dans un taux de change maison. Il s’agit d’un échantillon non exhaustif : la fourchette est indicative.
Le spread est l’écart entre le prix auquel une plateforme vous achète et celui auquel elle vous vend. Quand l’ordre est transmis à un marché, le spread est celui du marché. Quand le prestataire est la contrepartie de l’ordre, son revenu provient du spread, et le coût n’apparaît pas comme une commission. L’ESMA a observé que d’autres sources de revenus existent, notamment les incitations de tiers pour le routage des ordres, que le règlement MiFIR révisé interdit en principe, avec une dérogation nationale devant disparaître au plus tard le 30 juin 2026. Pour juger un prestataire, demandez où l’ordre est exécuté et si la politique d’exécution est consultable.
Pour les fractions d’actions, l’ESMA a rappelé en 2023 que lorsqu’elles sont des dérivés sur une action, ce ne sont pas des actions : les mark-ups et mark-downs doivent être transparents. Si vous achetez des fractions, vérifiez la nature du produit et les coûts réels.
Quelles taxes s’ajoutent aux frais : TTF française et droits étrangers ?
La taxe sur les transactions financières (TTF) française est de 0,4 % depuis le 1er avril 2025 (0,3 % auparavant), inchangée au 8 octobre 2026. Elle s’applique à l’acquisition d’actions de sociétés dont le siège est en France et dont la capitalisation dépasse un milliard d’euros au 1er décembre de l’année précédente : la liste applicable en 2026 compte 121 sociétés. Seules les acquisitions sont taxées, pas les ventes ; les ETF, les actions étrangères et les opérations intrajournalières soldées dans la journée en sont exclus. Les établissements la répercutent et l’indiquent sur un avis de TTF. Par exemple, l’achat de 5 000 € d’une action de la liste coûte 20 € de TTF. Voir le guide dédié.
D’autres pays ont leurs taxes, répercutées par le courtier : au Royaume-Uni, un droit de 0,5 % sur les achats d’actions de sociétés britanniques ; en Espagne, 0,2 % sur les grandes sociétés cotées (capitalisation supérieure à un milliard d’euros) ; en Italie, 0,4 % du montant, réduit à 0,2 % pour les transferts réalisés sur un marché réglementé ou un système multilatéral, avec exclusion des sociétés de capitalisation inférieure à 500 millions d’euros. Comme pour la TTF française, ces droits visent l’acquisition de titres du pays et peuvent apparaître en ligne séparée sur le relevé. Les taxes d’autres pays n’ont pas été vérifiées ici.
Transfert, clôture, inactivité, données de marché : les frais d’événement
Le plafonnement des frais de transfert prévu par le Code monétaire et financier (15 € par ligne, 150 € au total) ne vise que le PEA et le PEA-PME. Pour un CTO, il n’existe aucun plafond légal. Dans un échantillon de brochures tarifaires 2026, le transfert sortant est facturé le plus souvent par ligne de titres cotés, à un montant situé entre 15 € et 25 €, plus rarement au forfait ; une banque privée facture bien plus. Un portefeuille de 20 lignes peut ainsi coûter plusieurs centaines d’euros à déménager. Les détails sont dans transférer son CTO et clôturer un compte-titres. La clôture peut être gratuite ou facturée.
Les frais d’inactivité existent chez certains courtiers : l’AMF signale qu’ils peuvent s’appliquer aux clients passant trop peu d’ordres. Aucune statistique officielle n’existe sur leur montant. Quant aux données de marché, les cours Euronext en temps réel sont souvent gratuits, tandis que des places étrangères ou une option de temps réel peuvent être payantes pour quelques euros (ordre de grandeur issu des brochures lues, non officiel).
Les frais changent-ils pour les ETF, les fonds et les plans programmés ?
Oui, parce que la grille dépend du support. Un ETF s’achète en bourse comme une action : il supporte le courtage de l’ordre, éventuellement le spread, et des frais courants prélevés dans la valeur liquidative (ils ne figurent pas sur le relevé mais réduisent la performance). Il n’est pas soumis à la TTF française. Beaucoup d’acteurs proposent un courtage réduit ou nul sur une sélection d’ETF ou sur les versements programmés, parfois sous condition de montant minimum : vérifiez que l’ETF que vous visez fait partie de la sélection.
Un fonds acheté via l’établissement se paie différemment : droits d’entrée éventuels, frais de gestion récurrents (1,00 % en moyenne pour les fonds actions monde en 2025, selon l’OPEF) et, pour les fonds d’un autre gestionnaire, des droits de garde par ligne. Un plan d’investissement programmé répète un petit ordre à intervalle régulier : la question du minimum de courtage devient alors centrale, car il se répète douze fois par an. Si le plan est gratuit, regardez aussi la façon dont l’établissement exécute les fractions de titres, dont la qualification juridique n’est pas harmonisée en Europe selon l’ESMA. Pour un investisseur en ETF, le guide ETF sur compte-titres et la page CTO pour ETF complètent ce point.
Comment réduire ses frais sans changer d’établissement ?
Quelques leviers existent. Grouper ses achats réduit le nombre d’ordres, donc l’effet des minimums de courtage, au prix d’un investissement moins régulier. Choisir le bon canal compte : une grille « internet » est souvent moins chère que le téléphone ou l’agence. Remplir les conditions d’exonération (âge, nombre d’ordres, plan actif) évite la tenue de compte. Passer un ordre à cours limité évite un prix d’exécution défavorable, qui est aussi un coût. Enfin, une demande de renégociation est parfois possible pour les gros encours en banque de réseau, mais elle suppose de connaître la grille de la concurrence : le simulateur de frais sert à étayer l’argument.
Comment lire une brochure tarifaire sans se faire piéger ?
La brochure est le document qui fait foi, pas la page commerciale. Voici la procédure que nous suivons pour les fiches du site.
- Repérer la date et la version. Une brochure ancienne ne compte pas ; vérifiez la date d’entrée en vigueur.
- Identifier le bon tableau. Les grilles diffèrent selon le support (actions, ETF, fonds), la place (Euronext, étrangères) et le canal (internet, téléphone, agence).
- Lire les notes de bas de page. C’est là que figurent les conditions d’exonération, les minimums et les majorations.
- Chercher les frais « annexes ». Droits de garde, change, taxes, inactivité, transfert, clôture.
- Calculer sur votre scénario. Total annuel, divisé par l’encours.
Rappelez-vous aussi que MiFID II impose une information sur les coûts avant et après chaque service : demandez le rapport annuel des coûts et frais si votre établissement l’envoie.
Exemples chiffrés : trois scénarios construits sur des grilles fictives
Les exemples ci-dessous utilisent des grilles inventées, pour montrer la mécanique du calcul. Ils ne décrivent aucun établissement.
Scénario A, petit portefeuille. Un investisseur détient 8 000 € en ETF et passe 12 ordres de 150 € par an. Grille 1 : courtage de 1 € par ordre, droits de garde nuls, tenue de compte de 0 € : 12 € par an, soit 0,15 %. Grille 2 : courtage de 0,10 % avec minimum de 4,90 €, tenue de compte de 20 € : 58,80 € + 20 € = 78,80 €, soit 0,99 %. L’écart est de 66,80 € par an.
Scénario B, portefeuille moyen. 40 000 € en 10 lignes, 6 ordres de 2 000 € par an. Grille 1 : courtage forfaitaire de 5 €, droits de garde nuls : 30 €. Grille 2 : courtage de 0,5 % avec minimum de 8 € (10 € l’ordre) et droits de garde de 0,20 % (80 €) : 60 € + 80 € = 140 €. Le courtage ne pèse qu’une petite part ; les droits de garde dominent.
Scénario C, investisseur actif. 100 ordres de 3 000 € par an. Un forfait de 3 € coûte 300 €, un pourcentage de 0,10 % coûte 300 € (point de bascule à 3 000 €), mais à 0,25 % le même investisseur paierait 750 €. À ce rythme, le détail des frais de change et de la TTF devient le premier poste de la comparaison.
Les frais d’un CTO sont-ils déductibles des impôts ?
Cela dépend du type de frais. Les frais d’acquisition (courtage, commissions de négociation, impôts supportés) s’ajoutent au prix d’acquisition, et les frais de cession viennent en déduction du prix de cession : ils réduisent donc la plus-value imposable, que vous soyez au PFU ou au barème. En revanche, les droits de garde et frais de tenue de compte ne sont pas déductibles de la plus-value. Au PFU de 12,8 %, ils ne sont pas non plus déductibles des dividendes et intérêts. Ils ne deviennent déductibles, à la ligne 2CA, que si vous optez pour le barème progressif, et uniquement des revenus de capitaux mobiliers. Cette option est globale, et son intérêt dépend de votre tranche marginale : voir la fiscalité du CTO. Les intérêts d’emprunt contractés pour acheter des titres ne sont jamais déductibles.
Erreurs fréquentes quand on compare les frais d’un CTO
- Comparer le courtage de l’ordre le plus cher ou le moins cher. Utilisez votre ordre moyen réel.
- Oublier les droits de garde et la tenue de compte. Sur 10 000 € en réseau, ils atteignent 62,19 € en moyenne.
- Prendre une offre « gratuite » sans lire les conditions. Une exonération liée à l’âge ou à un nombre d’ordres peut cesser.
- Ignorer le change. Un courtage américain bas peut être annulé par un coût de conversion élevé.
- Négliger la sortie. Les frais de transfert par ligne dissuadent de partir.
- Confondre taxe et frais. La TTF de 0,4 % est collectée par l’établissement pour l’État ; elle n’est pas sa commission.
- Croire que tous les frais sont déductibles. Seuls courtage et frais de cession entrent dans le calcul de la plus-value.
Sources officielles
- AMF : le compte-titres ordinaire (catégories de frais)
- Banque de France : Observatoire des produits d’épargne financière 2026
- AMF : s’informer sur les frais liés à vos investissements
- Légifrance : article 235 ter ZD du CGI (taxe sur les transactions financières)
- BOFIP : TTF, modalités de taxation
- Impots.gouv.fr : les revenus mobiliers
- GOV.UK : Tax when you buy shares
- Service-public.gouv.fr : plus-values sur valeurs mobilières