Sur 1 000 € de gain, un compte-titres ordinaire (CTO) prélève 314 € en 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux). Un plan d’épargne en actions (PEA) de cinq ans ou plus en prélève 186 €, soit 128 € de moins. En contrepartie, le PEA est plafonné à 150 000 € de versements, limité aux actions et fonds de l’Union européenne et de l’EEE, et un retrait avant cinq ans ferme le plan. Le CTO n’a ni plafond, ni limite géographique, ni durée de blocage. Les deux enveloppes se cumulent : la bonne question est rarement « l’un ou l’autre », mais « quoi dans lequel ».
Quelle différence entre un CTO et un PEA ?
Un compte-titres ordinaire est un compte-conservation sans contrainte : vous y logez des actions, des obligations, des parts de fonds ou d’ETF, achetés et vendus quand vous le voulez, sur les places que votre courtier propose. L’AMF le décrit comme une enveloppe sans plafond, sans durée de détention imposée et sans limite de retrait. Il se clôt à tout moment, vous pouvez en ouvrir autant que vous le souhaitez, et il se détient seul, à deux (compte joint) ou en indivision. Le détail de son fonctionnement figure dans le guide fonctionnement du compte-titres ordinaire.
Le PEA est une enveloppe fiscale encadrée par le Code monétaire et financier. Il récompense la durée : plus de cinq ans de détention, et les gains échappent à l’impôt sur le revenu. Il impose en échange trois contraintes : un plafond de versements, une liste de titres éligibles et des règles de retrait. Un seul PEA classique est autorisé par personne, mais chaque membre d’un couple peut avoir le sien. Il faut être majeur et fiscalement domicilié en France.
Concrètement, la différence se joue sur trois leviers : ce que vous payez à la sortie, ce que vous avez le droit d’acheter, et ce que vous pouvez retirer sans conséquence. Le tableau résume l’ensemble ; les sections suivantes détaillent chaque ligne.
| Critère | Compte-titres ordinaire | PEA |
|---|---|---|
| Imposition des gains (2026) | 31,4 % (12,8 % + 18,6 %), ou barème sur option | Avant 5 ans : 31,4 %. Après 5 ans : 18,6 % (prélèvements sociaux seuls) |
| Plafond de versements | Aucun | 150 000 € (PEA), 225 000 € avec un PEA-PME |
| Titres éligibles | Tous types de titres, sans limite géographique de principe | Actions de sociétés de l’UE ou de l’EEE, fonds investis à 75 % au moins dans ces actions |
| Retrait | Libre à tout moment | Avant 5 ans : clôture en principe. Après 5 ans : retrait partiel sans clôture |
| Moins-values | Imputables sur les plus-values de même nature, reportables 10 ans | Règles propres au plan (voir plus bas) |
| Nombre d’enveloppes | Autant que souhaité | Un seul PEA classique par personne |
| Frais de transfert | Non plafonnés par la loi | Plafonnés (150 € au total) |
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Combien d’impôt sur les gains avec chaque enveloppe en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux sur les revenus du capital sont passés de 17,2 % à 18,6 % (CSG 10,6 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %). Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) atteint donc 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. C’est le taux qui s’applique par défaut sur un compte-titres ordinaire, aux plus-values de cession comme aux dividendes et aux intérêts. Vous pouvez opter pour le barème progressif, mais l’option est globale et concerne tous vos revenus du capital de l’année ; elle n’est utile que si votre tranche marginale est faible. Le guide fiscalité du compte-titres ordinaire détaille le mécanisme.
Le PEA change le calcul à partir de la cinquième année. Selon l’administration fiscale, un retrait réalisé avant cinq ans (avec clôture du plan) est imposé au PFU de 31,4 %, sauf option pour le barème. Passé ce délai, les gains « échappent à l’impôt sur le revenu » mais restent soumis à 18,6 % de prélèvements sociaux. Un retrait partiel après cinq ans ne ferme pas le plan et vous pouvez continuer à verser ; un retrait total le ferme définitivement.
| Situation | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Total sur 1 000 € de gain |
|---|---|---|---|
| CTO (PFU) | 12,8 % | 18,6 % | 314 € |
| PEA, retrait avant 5 ans | 12,8 % | 18,6 % | 314 € |
| PEA, retrait après 5 ans | 0 % | 18,6 % | 186 € |
L’écart de 12,8 points ne se paie qu’à la sortie, mais il compte sur toute la durée : dans un PEA, vous pouvez arbitrer, vendre une ligne pour en acheter une autre ou toucher des dividendes sans déclencher d’impôt tant que l’argent reste dans le plan. Sur un CTO, chaque vente réalisée est une plus-value imposable l’année même, et chaque dividende est imposé à l’encaissement. Ce décalage d’imposition est un avantage supplémentaire du PEA, difficile à chiffrer en général parce qu’il dépend de votre fréquence d’arbitrage.
Quel plafond et quels titres éligibles ?
Le plafond du PEA porte sur les versements, non sur la valeur du plan. Il est de 150 000 € pour un PEA classique, bancaire ou assurance. Le PEA-PME, réservé aux petites et moyennes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire, monte à 225 000 € ; on peut détenir un PEA classique et un PEA-PME en même temps, à condition que le total des versements sur les deux ne dépasse pas 225 000 €. Un plan qui progresse en bourse peut donc dépasser largement 150 000 € de valeur sans que le plafond soit violé. En revanche, une fois les versements cumulés au plafond, même après un retrait, vous ne pouvez plus verser. À ce titre, le PEA est une enveloppe qui se remplit lentement : un épargnant qui verse 500 € par mois n’atteint le plafond qu’au bout de vingt-cinq ans.
Les titres éligibles sont ceux de sociétés ayant leur siège dans l’Union européenne ou dans l’Espace économique européen, ainsi que les fonds (OPC) investis à 75 % au moins en actions de ces sociétés. Le compte-titres, lui, accepte tous types de titres, sans restriction géographique posée par la réglementation : la limite est seulement celle des places de marché que votre courtier propose. C’est ce qui explique que les deux enveloppes cohabitent chez presque tous les investisseurs actifs.
Il existe aussi un PEA jeune, pour les 18 à 21 ans (25 ans pour les étudiants) rattachés au foyer fiscal de leurs parents, plafonné à 20 000 € de versements.
Peut-on retirer son argent à tout moment ?
Sur un CTO, oui. Vous vendez, l’argent revient sur le compte espèces, vous le virez. L’impôt porte sur la plus-value réalisée, pas sur le capital. Il n’y a ni préavis ni pénalité, hormis les éventuels frais de clôture du compte.
Sur un PEA, la règle dépend de l’ancienneté. Avant cinq ans, un retrait entraîne en principe la clôture du plan, avec imposition du gain au PFU. Des exceptions existent pour des événements précis, dont le licenciement, l’invalidité ou la création d’entreprise, listées à l’article L. 221-32 du Code monétaire et financier. Après cinq ans, vous retirez la somme voulue sans fermer le plan ; en cas de retrait total, il est clôturé. Au décès du titulaire, le plan se clôt automatiquement, les héritiers ne devant que les prélèvements sociaux sur les gains.
Un point mérite attention : ce n’est pas le plan qui est bloqué, c’est l’avantage fiscal qui est conditionné. Si vous avez un besoin de trésorerie certain à trois ans, le PEA n’apporte rien sur le plan de l’impôt et vous coûte la fermeture du plan. Si votre horizon dépasse cinq ans, il devient la première enveloppe à remplir.
Où loger les actions américaines et les ETF mondiaux ?
Les actions américaines, comme toute action de société établie hors de l’UE et de l’EEE, ne sont pas éligibles au PEA. Elles se logent sur un CTO, avec leurs conséquences : le dividende subit la retenue à la source américaine, ramenée à 15 % sous convention fiscale si le formulaire W-8BEN est en règle, et la TTF française ne s’y applique pas. Le guide W-8BEN et dividendes américains en détaille les étapes, et la page CTO pour actions américaines compare les courtiers qui y donnent accès.
Pour les ETF, la logique est la même : un ETF n’entre dans un PEA que s’il respecte le quota de 75 % d’actions européennes. Un ETF répliquant le monde entier ou les États-Unis relève donc normalement du CTO, sauf montage particulier ; la fiche du produit, qui indique son éligibilité au PEA, fait foi. La page CTO pour investir en ETF et le guide ETF sur compte-titres traitent ce cas.
Simulateur : l’écart entre CTO et PEA sur votre horizon
Le calcul suppose un versement unique, une croissance régulière sans dividendes versés et une sortie complète à la fin de la période. Il applique les taux de 2026 et ne tient pas compte des frais de courtage.
Simulateur d’écart fiscal entre CTO et PEA
Calcul indicatif aux taux 2026 : 12,8 % d’impôt sur le revenu, 18,6 % de prélèvements sociaux, PEA de cinq ans ou plus.
Calcul indicatif. Il ne reprend ni les frais, ni les dividendes versés en cours de route, ni l’option pour le barème, ni la compensation des moins-values. Seul le décompte de votre établissement fait foi.
Avec les valeurs par défaut (50 000 € à 6 % pendant dix ans), le capital atteint environ 89 540 €. En CTO, l’impôt sur 39 540 € de gain est de 12 416 € ; en PEA, il tombe à 7 355 €. L’écart est d’environ 5 060 €. Plus la durée et le rendement augmentent, plus l’écart se creuse, jusqu’à saturer le plafond de 150 000 €.
Trois cas chiffrés pour trancher
Ces exemples sont des illustrations arithmétiques fondées sur les taux de 2026, pas des situations réelles ni des prévisions de rendement. Ils supposent un versement unique, une croissance régulière et une sortie totale.
Cas 1 : le même horizon, avec et sans le seuil de cinq ans
Prenons un investisseur qui place 20 000 € à 6 % par an. S’il sort au bout de quatre ans, le capital vaut environ 25 250 € et le gain de 5 250 € subit 1 648 € de prélèvements, que ce soit en CTO ou en PEA : le PEA n’apporte aucun avantage fiscal avant cinq ans. S’il sort au bout de cinq ans, le gain passe à 6 765 €. En CTO, le prélèvement est de 2 124 €, contre 1 258 € en PEA : 866 € d’écart gagnés par une seule année de patience supplémentaire.
Cas 2 : un patrimoine qui dépasse le plafond
Prenons un investisseur qui place 200 000 € à 5 % pendant quinze ans, dont la totalité serait éligible. Seuls 150 000 € peuvent entrer dans un PEA ; les 50 000 € restants restent sur un CTO. Le capital atteint environ 415 800 €. Tout en CTO, l’impôt est de 67 757 €. Avec 150 000 € en PEA, il tombe à 47 041 €, soit 20 715 € d’économie. Le plafond limite l’avantage, mais il reste substantiel : même plein, un PEA se justifie.
Cas 3 : moitié des titres non éligibles
Prenons un investisseur qui place 30 000 € à 6 % pendant dix ans, dont la moitié en actions américaines et en ETF mondiaux non éligibles. Les 15 000 € éligibles vont en PEA, le reste en CTO. Le capital atteint environ 53 725 € ; l’impôt est de 5 931 €, contre 7 450 € tout en CTO : 1 518 € d’économie. Le PEA reste utile même quand il ne peut accueillir que la moitié du portefeuille.
Frais, transfert et garantie : y a-t-il des différences ?
Les frais de tenue de compte, de courtage et de change dépendent de l’établissement et non de l’enveloppe : un même courtier facture en général des tarifs comparables pour le CTO et le PEA, parfois avec des tarifs spécifiques. La loi plafonne cependant ceux du PEA : l’article D. 221-111-1 du Code monétaire et financier fixe, depuis le 1er juillet 2020, les frais de transfert à 15 € par ligne de titres, jusqu’à 50 € pour les titres non négociés sur une plateforme, avec un plafond global de 150 €. Le compte-titres ordinaire n’est pas visé par ce plafonnement : ses frais de transfert dépendent de la grille tarifaire de chaque établissement. Consultez le guide transférer son compte-titres et la page frais du CTO avant de déménager.
Côté protection, les titres déposés sur un compte-titres comme sur un PEA sont couverts par la garantie des titres du Fonds de garantie des dépôts et de résolution, à hauteur de 70 000 € par déposant et par établissement, lorsque le teneur est adhérent. Un courtier établi hors de France relève de son propre système national. Le guide garantie des titres chez un courtier explique ce mécanisme.
Faut-il choisir ou cumuler les deux ?
Pour la plupart des épargnants français, le cumul est la réponse. Le PEA est la meilleure enveloppe pour la part du portefeuille qui peut y entrer, dès lors que l’horizon dépasse cinq ans. Le CTO complète ce qui sort du champ du PEA : titres américains ou asiatiques, ETF mondiaux non éligibles, obligations, liquidités à court terme, et tout dépassement du plafond de 150 000 €. Il sert aussi de réserve disponible à tout moment, ce que le PEA ne permet pas sans conséquence avant cinq ans.
Le CTO est la seule réponse sensée dans trois cas : un besoin de trésorerie à moins de cinq ans, un portefeuille essentiellement hors Europe, ou un PEA déjà plein. Le PEA est prioritaire dès lors que vous investissez en actions européennes sur dix ans ou davantage. Si vous démarrez, la page CTO pour débutant présente les courtiers les plus accessibles, et le guide choisir son compte-titres donne la méthode de sélection.
Erreurs fréquentes quand on compare CTO et PEA
- Retirer un PEA à quatre ans et demi. Le retrait ferme le plan et le gain est taxé à 31,4 %. Attendre quelques mois de plus change le prélèvement de 31,4 % en 18,6 %.
- Croire le PEA exonéré de tout. Les prélèvements sociaux de 18,6 % sont dus sur les gains, même après des décennies.
- Oublier que le plafond porte sur les versements. Un plan qui a gagné en bourse peut valoir davantage que 150 000 € ; l’erreur est de croire qu’il faut retirer pour continuer à verser.
- Acheter des ETF mondiaux sur le PEA sans vérifier l’éligibilité. Seuls les fonds investis à 75 % au moins en actions européennes y ont leur place.
- Tout mettre sur le PEA, y compris l’argent dont on peut avoir besoin. Une réserve de précaution se loge sur un support disponible, pas dans un plan dont la fermeture efface l’avantage.
- Ignorer le transfert. Passer d’un établissement à l’autre se fait par transfert, qui conserve l’ancienneté fiscale du PEA ; une clôture suivie d’une réouverture la remet à zéro.
- Appliquer les taux de 2025. De nombreux contenus affichent encore 30 % et 17,2 % : depuis le 1er janvier 2026, c’est 31,4 % et 18,6 %.
Comment décider en dix minutes ?
Trois questions suffisent. Première question : votre horizon dépasse-t-il cinq ans ? Si non, le PEA n’apporte pas d’avantage fiscal, restez sur le CTO. Deuxième question : ce que vous voulez acheter est-il éligible ? Si oui, remplissez d’abord le PEA ; si non, c’est le CTO. Troisième question : vos versements cumulés approchent-ils 150 000 € ? Si oui, le CTO prend le relais pour le surplus. Pour comparer les enveloppes d’épargne retraite et d’assurance, consultez les pages CTO ou assurance-vie et CTO ou PER.
Ces règles sont celles de 2026. Le projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, ne modifie ni le prélèvement forfaitaire ni les règles du PEA d’après la recherche que nous avons faite dans le texte ; il reste susceptible d’être amendé. Les changements éventuels sont suivis sur la page suivi des mises à jour.
Sources officielles
- Service-public.fr : Plan d’épargne en actions (PEA)
- Impots.gouv.fr : PEA, les retraits sont-ils imposables ?
- Service-public.fr : Plus-values sur valeurs mobilières (PFU 31,4 %)
- AMF : Le compte-titres ordinaire
- AMF : Le plan d’épargne en actions (PEA)
- Légifrance : Code monétaire et financier, art. L. 221-32 (PEA)