L’assurance-vie est un contrat d’assurance, pas un compte-titres : vous n’y détenez pas d’actions en direct, mais des supports (fonds en euros, unités de compte). Son avantage tient à la durée et à la transmission. Après huit ans, les gains d’un retrait sont imposés à 7,5 % (si vos primes restent sous 150 000 €) plus 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 24,7 %, après un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple). Un CTO supporte 31,4 % sans abattement. Au décès, 152 500 € par bénéficiaire sont exonérés pour les primes versées avant 70 ans. Le CTO reste plus libre : tous les titres, aucune règle de blocage, des moins-values reportables.
Quelle différence entre un CTO et une assurance-vie ?
Un compte-titres ordinaire (CTO) loge des titres financiers à votre nom : vous êtes propriétaire des actions, ETF ou obligations inscrits sur le compte, le courtier n’étant que le teneur. Une assurance-vie fonctionne autrement. Selon le service-public, vous versez des primes à un assureur, qui les fait fructifier et s’engage à verser un capital ou une rente au bénéficiaire. Les supports en unités de compte sont détenus au sein du contrat, non sur un compte-titres. Vous ne choisissez pas une action ou un ETF au sens où vous le feriez sur un courtier, mais un support que l’assureur référence dans son contrat.
Cette différence de nature explique tout le reste. L’assurance-vie bénéficie d’un cadre fiscal propre, pensé pour l’épargne longue et la transmission. Le CTO offre la liberté de choix des titres, mais ses gains sont imposés au prélèvement forfaitaire unique, sans régime de faveur. Le guide fonctionnement du compte-titres ordinaire détaille le second ; cette page compare les deux.
| Critère | Compte-titres ordinaire | Assurance-vie |
|---|---|---|
| Nature | Compte d’instruments financiers à votre nom | Contrat d’assurance, supports du contrat |
| Imposition d’un retrait (2026) | 31,4 % des gains (12,8 % + 18,6 %) | Avant 8 ans : 12,8 % + 17,2 % = 30 %. Après 8 ans : 7,5 % + 17,2 % = 24,7 % sous 150 000 € de primes |
| Abattement annuel | Aucun | 4 600 € (seul) ou 9 200 € (couple) après 8 ans |
| Choix des titres | Tous types de titres, selon les places du courtier | Supports proposés par le contrat |
| Arbitrage imposé ? | Oui : chaque vente réalise une plus-value | Non : changer de support ne déclenche pas d’impôt |
| Moment de l’imposition | À chaque vente, selon vos arbitrages | Au rachat seulement, quels que soient les arbitrages internes |
| Transmission | Dans la succession (droits après 100 000 € par enfant) | Hors succession jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire (primes avant 70 ans) |
| Garantie en cas de défaillance | Titres garantis par le FGDR à 70 000 € si le teneur est adhérent | Contrat d’assurance, hors FGDR |
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Combien d’impôt sur un retrait en 2026 ?
Sur un CTO, un retrait n’est pas une notion fiscale : c’est la vente des titres qui déclenche l’impôt. La plus-value est imposée au prélèvement forfaitaire unique, soit 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux). Les moins-values réalisées s’imputent sur les plus-values de même nature, puis se reportent sur dix ans. Pour le détail, voir le guide fiscalité du compte-titres ordinaire.
Sur une assurance-vie, c’est le rachat qui est imposé, et seule la part de gains contenue dans le rachat l’est : on ne taxe pas le retour de votre capital. Pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017, le régime est le suivant, d’après l’administration fiscale. À la source, l’assureur prélève 12,8 % si le contrat a moins de huit ans, 7,5 % s’il en a huit ou plus, puis l’imposition définitive intervient à la déclaration : prélèvement forfaitaire à 7,5 % si l’encours de primes est inférieur à 150 000 €, ou option pour le barème. Les prélèvements sociaux sont de 17,2 % sur les gains, taux maintenu en 2026 alors que celui du CTO est passé à 18,6 %. Pour les primes versées avant le 27 septembre 2017, un régime plus ancien (prélèvement libératoire de 35 %, 15 % ou 7,5 % selon la durée, ou barème) s’applique.
| Sur 1 000 € de gains | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Total |
|---|---|---|---|
| CTO | 128 € | 186 € | 314 € |
| Assurance-vie, moins de 8 ans | 128 € | 172 € | 300 € |
| Assurance-vie, 8 ans ou plus, hors abattement, primes sous 150 000 € | 75 € | 172 € | 247 € |
Avant huit ans, l’assurance-vie n’offre qu’un gain de 14 € pour 1 000 € de gain, sans grande portée. L’avantage apparaît à huit ans et s’approfondit avec l’abattement, qui s’applique à l’impôt et non aux prélèvements sociaux.
Que change l’abattement après 8 ans ?
Pour un contrat de huit ans ou plus, les gains issus de rachats bénéficient chaque année d’un abattement de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune, d’après l’administration fiscale. L’abattement est annuel et se reconstitue chaque année : un épargnant qui retire chaque année exactement la part de gains correspondant à son abattement ne paie donc que les prélèvements sociaux.
Le seuil de 150 000 € mérite une précaution. Jusqu’à 150 000 € de primes versées, l’imposition définitive est de 7,5 % ; au-delà, l’administration indique que des taux échelonnés (7,5 % puis 12,8 %) s’appliquent. La façon exacte dont ce seuil s’apprécie (par assuré, tous contrats confondus, sur les primes nettes) relève de l’article 125-0 A du Code général des impôts : si votre encours est proche ou supérieur, vérifiez-le sur votre simulation d’impôt ou avec l’assureur avant de décider.
Simulateur : le coût fiscal d’un retrait, CTO contre assurance-vie
Saisissez la valeur actuelle de l’épargne, ce que vous y avez versé et la somme à retirer. Le calcul applique la règle de proportion : la part de gains contenue dans le retrait est celle de la valeur totale.
Simulateur de retrait : CTO ou assurance-vie
Calcul indicatif aux taux 2026 : 31,4 % sur le CTO ; 12,8 % ou 7,5 % plus 17,2 % sur l’assurance-vie.
Calcul indicatif fondé sur les taux 2026, sans option pour le barème, pour des primes versées depuis le 27 septembre 2017. Il suppose que la part de gains est proportionnelle à la valeur du contrat, ignore les prélèvements sociaux déjà prélevés chaque année sur les fonds en euros et les frais, et n’intègre ni la fiscalité des primes plus anciennes ni la situation du foyer. L’établissement ou l’assureur seul fait foi.
Avec les valeurs par défaut (80 000 € de valeur, 50 000 € versés, 20 000 € retirés), la part de gains dans le retrait est de 7 500 €. Le CTO prélève 2 355 € ; l’assurance-vie de huit ans ou plus, 1 508 € ; un contrat de moins de huit ans, 2 250 €.
Que devient l’épargne au décès ?
C’est le domaine où l’assurance-vie se détache le plus. Les capitaux versés à un bénéficiaire désigné se transmettent en dehors de la succession. Pour les contrats souscrits depuis 1991 et les primes versées avant les 70 ans de l’assuré, chaque bénéficiaire profite d’une exonération de 152 500 €, puis un prélèvement de 20 % s’applique jusqu’à 700 000 € de part taxable et 31,25 % au-delà. Pour les primes versées après 70 ans, seule la fraction des primes supérieure à 30 500 € est soumise aux droits de succession, et cet abattement de 30 500 € est global pour l’ensemble des contrats du défunt. Les gains sont, eux, exclus de l’assiette dans ce cas. Ces règles viennent de la brochure de la DGFiP pour les bénéficiaires.
Un CTO entre dans la succession. Les enfants bénéficient d’un abattement de 100 000 € par parent décédé, puis du barème progressif en ligne directe (5 % jusqu’à 8 072 €, 10 % jusqu’à 12 109 €, 15 % jusqu’à 15 932 €, 20 % jusqu’à 552 324 €). Le conjoint et le partenaire de PACS sont exonérés. Côté plus-value, l’administration précise que le prix d’acquisition de titres reçus à titre gratuit est la valeur retenue pour les droits de succession : la plus-value accumulée par le défunt n’est pas imposée chez les héritiers. Le guide succession et décès d’un titulaire de CTO présente la procédure.
Quels supports et quels frais ?
Dans un CTO, vous choisissez les titres un à un : actions, obligations, ETF, fonds. Le courtier facture des frais de courtage, de change, parfois de garde ; leur niveau dépend de l’établissement (voir la page frais du CTO). Dans une assurance-vie, l’offre dépend du contrat : un fonds en euros à capital garanti par l’assureur, des unités de compte (fonds, ETF, immobilier, produits structurés) listées par l’assureur. Les frais ne sont pas ceux d’un courtier : frais sur versement, frais de gestion annuels sur l’encours, frais d’arbitrage, auxquels s’ajoutent ceux des supports eux-mêmes. Deux contrats peuvent ainsi afficher des coûts très différents, et c’est la comparaison de ces coûts, bien plus que le nom de l’assureur, qui fait la qualité d’un contrat.
Pour l’investisseur qui veut des actions américaines en direct ou un ETF précis, le CTO l’emporte presque toujours : l’assurance-vie ne donne accès qu’aux supports référencés. Pour celui qui veut un fonds en euros ou une gestion déléguée, le contrat fait mieux. Si vous débutez, la page CTO pour débutant vous aide à poser les bases.
Peut-on retirer son argent librement ?
Dans les deux cas, oui, mais pas dans les mêmes conditions. Sur un CTO, la vente exécutée en bourse met l’argent à disposition rapidement. Sur une assurance-vie, le rachat total met fin au contrat et l’assureur doit payer dans un délai de deux mois ; un rachat partiel réduit le capital et le contrat continue. Le contrat peut aussi proposer une avance, qui est un prêt et non un retrait : elle n’est pas imposée au départ. Le rachat n’est pas bloqué, mais son coût fiscal dépend de l’ancienneté, d’où l’intérêt de ne pas confondre disponibilité et optimisation. Les fonds en unités de compte peuvent en outre perdre de la valeur entre la demande et le règlement.
Une différence mérite d’être soulignée : sur un CTO, vous maîtrisez le moment de la vente et pouvez, par exemple, réaliser une moins-value pour l’imputer sur des plus-values de même nature. Sur une assurance-vie, c’est le montant du rachat que vous choisissez, pas la nature de l’imposition.
Que se passe-t-il si l’établissement fait défaut ?
Les deux enveloppes ne sont pas protégées de la même façon. Sur un compte-titres, les titres sont inscrits à votre nom : en cas de défaillance du teneur de compte, ils ne font pas partie de son patrimoine, et le Fonds de garantie des dépôts et de résolution intervient si le titre ne peut pas être restitué, à hauteur de 70 000 € par déposant et par établissement lorsque le teneur est adhérent. Un courtier établi dans un autre État relève du système de garantie de cet État. Le guide garantie des titres chez un courtier explique comment vérifier ce point.
Un contrat d’assurance-vie est un contrat souscrit auprès d’un assureur : il figure parmi les produits que le Fonds de garantie des dépôts et de résolution ne couvre pas, et sa protection relève d’un autre dispositif, propre aux assureurs, dont nous n’avons pas pu vérifier le plafond. Avant de souscrire, regardez la solidité de l’assureur et la part du contrat investie en fonds en euros plutôt qu’en unités de compte.
Trois cas chiffrés
Ces exemples sont des illustrations arithmétiques fondées sur les taux de 2026, pas des situations réelles ni des prévisions de rendement. Ils supposent des primes versées depuis septembre 2017 et inférieures à 150 000 €, sans option pour le barème.
Cas 1 : un retrait de 20 000 € sur une épargne ancienne
Prenons un épargnant seul dont l’épargne vaut 80 000 € pour 50 000 € versés. Un retrait de 20 000 € contient 7 500 € de gains. Sur un CTO, l’impôt est de 2 355 € et le net de 17 645 €. Sur une assurance-vie de huit ans ou plus, l’abattement de 4 600 € ramène la base d’impôt à 2 900 € : 217,50 € d’impôt plus 1 290 € de prélèvements sociaux, soit 1 508 €, et un net d’environ 18 490 €. L’écart est d’environ 850 €. Sur un contrat de moins de huit ans, la charge est de 2 250 €.
Cas 2 : un couple qui retire 30 000 €
Prenons un couple marié, une épargne de 120 000 € pour 80 000 € versés et un retrait de 30 000 €, soit 10 000 € de gains. L’abattement de 9 200 € laisse 800 € à 7,5 %, soit 60 €, auxquels s’ajoutent 1 720 € de prélèvements sociaux : 1 780 € au total, contre 3 140 € sur un CTO. L’abattement efface presque entièrement l’impôt sur le revenu, mais ne touche pas aux prélèvements sociaux.
Cas 3 : 300 000 € à transmettre à deux enfants
Prenons un parent qui souhaite transmettre 300 000 € à ses deux enfants, sans autre donation. Si ce capital est une assurance-vie dont les primes ont été versées avant 70 ans, chaque enfant reçoit 150 000 €, soit moins que l’exonération de 152 500 € : aucun prélèvement. Si le même capital est un CTO, chaque enfant hérite de 150 000 € et, après l’abattement de 100 000 €, 50 000 € sont taxables : environ 8 194 € de droits par enfant, soit 16 390 € au total. La désignation d’un bénéficiaire doit toutefois respecter les règles de l’héritage et la réserve des héritiers.
Faut-il choisir ou combiner ?
Les deux enveloppes se complètent. Le CTO convient à ce qui exige de la liberté : actions et ETF choisis en direct, horizon de moins de huit ans, stratégie active, besoin d’imputer des moins-values. L’assurance-vie convient à l’épargne longue, à la transmission et à la part que l’on veut déléguer ou garantir en partie via un fonds en euros. Un épargnant qui possède déjà un PEA peut aussi comparer avec la page CTO ou PEA, et celui qui prépare sa retraite avec la page CTO ou PER.
Un point de calendrier : l’âge du contrat compte. Le délai de huit ans se compte à partir de l’ouverture du contrat, pas de chaque prime : ouvrir tôt, même avec un versement modeste, fait avancer l’horloge.
Erreurs fréquentes quand on compare CTO et assurance-vie
- Appliquer 18,6 % de prélèvements sociaux à l’assurance-vie. Le taux est de 17,2 % pour les gains d’assurance-vie en 2026, contre 18,6 % pour le CTO.
- Croire que l’abattement efface tout. Il s’applique à l’impôt sur le revenu, pas aux prélèvements sociaux, et il n’existe qu’à partir de huit ans.
- Retirer d’un contrat de sept ans et demi. Attendre quelques mois change le régime de 12,8 % à 7,5 % et ouvre l’abattement.
- Oublier que le CTO ne profite pas d’abattement. Même après vingt ans de détention, la plus-value est taxée à 31,4 %.
- Désigner une clause bénéficiaire par défaut sans la relire. La transmission hors succession dépend de la clause : relisez-la après un mariage, un divorce ou une naissance.
- Verser de gros montants après 70 ans en pensant bénéficier de l’exonération de 152 500 €. Pour les primes versées après 70 ans, seul l’abattement global de 30 500 € s’applique.
- Comparer des frais incomparables. Un contrat se juge sur l’ensemble des frais (versement, gestion, supports), pas sur un seul pourcentage.
Comment arbitrer en quelques questions ?
Votre horizon dépasse-t-il huit ans et voulez-vous un fonds en euros ou une gestion déléguée ? L’assurance-vie prend l’avantage. Avez-vous besoin de titres précis ou d’une liberté d’arbitrage fiscal, comme imputer une moins-value ? C’est le CTO. Transmettez-vous un capital à plusieurs bénéficiaires ? L’assurance-vie est presque toujours plus efficace dans la limite de 152 500 € par bénéficiaire. Détenez-vous plusieurs centaines de milliers d’euros ? Les deux enveloppes cohabitent, chacune pour ce qu’elle fait de mieux. Le guide pour choisir son compte-titres complète cette grille.
Sources officielles
- Service-public.fr : Assurance-vie, fonctionnement et fiscalité
- Impots.gouv.fr : imposition des retraits d’assurance-vie depuis 2018
- DGFiP : Je suis bénéficiaire d’une assurance-vie (février 2022)
- Service-public.fr : Plus-values sur valeurs mobilières (PFU 31,4 %)
- Service-public.fr : Droits de succession en ligne directe
- AMF : Le compte-titres ordinaire